Electro

Geike renaît après Hooverphonic

Geike Arnaert, l’ex-chanteuse d’Hooverphonic, sort son 1er album. Un disque électro qui met du temps à être apprivoisé.

Elle aura attendu trois ans. Trois années pour tourner la page Hooverphonic. Et pour proposer un nouvel album sans aucun lien avec ce qu’elle avait fait avant. Geike Arnaert n’est pas de retour. Elle (re)naît. For the beauty of confusion est loin d’être un album facile. Sauvage, électro, il ne se dompte pas à la première écoute. La voix est toujours magique, et forcément, fait penser au passé. Mais dans un univers plus torturé.

La page Hooverphonic a été facile à tourner ?

Cela m’a pris un peu de temps… Le temps de faire le pas, de prendre le recul…

C’était une envie de liberté ?

Je suis entrée dans ce groupe à 17 ans. Les rôles étaient déjà définis. En grandissant, j’ai eu envie de faire des choses moi-même. Mais mon rôle était plutôt « exécutif », pas créatif. J’avais difficile à sortir de ça. On a essayé de changer ça, mais cela n’a pas marché.

Il y a eu de la tristesse ?

Bien sûr… Hooverphonic, cela a été une très grande partie de ma vie. Quitter le groupe, c’était laisser derrière moi tout un répertoire, des gens avec qui j’avais passé beaucoup de temps, pas seulement professionnellement.

Vous avez écouté leur nouvel album ?

Oui, je l’ai trouvé très bien écrit. Mais bon, ce n’est plus mon endroit. Et je n’aurai pas pu faire ça…

Passons à ce nouvel album. Votre univers moins facile d’accès…

J’aurais pu mettre plus de chansons commerciales. Mais ce qui était important pour moi, c’était que je puisse croire en ce que je chante. J’avais besoin que ce soit des chansons à moi, pas trop gentilles et que je puisse dire des vérités. C’est moins « pop », mais cela grandit à chaque écoute. C’est électro mais chaleureux, je pense. Il y a de l’âme.

C’est une naissance pour vous ?

Je suis étonnée à chaque pas que je fais. C’est un apprentissage sur moi-même. Avant la production, je n’aurai pas cru être ici devant vous avec mon propre projet. Et je donne des interviews, chose que je ne faisais jamais avant…

C’était Alex Cailler (NDLR : leader d’Hooverphonic) qui prenait la parole…

Oui, il faisait ça très bien, mais cela m’arrangeait aussi (sourire). J’aime bien me cacher et laisser certaines choses dans le mystère…

Les photos montrent des vitres brisées, vous êtes vêtue d’une robe blanche puis salie…

Oui, il y a de la confusion dans cet album. Et je voulais montrer que l’on peut passer très vite dans sa vie d’un état à l’autre, les vérités peuvent changer…

Peut-on dire qu’il y a aussi de la colère ?

Oui. J’ai parfois l’impression que l’on nous maintient « bête » pour nous contrôler. Je ne suis pas quelqu’un qui va jeter des pierres dans les fenêtres, mais j’ai envie d’entendre des vérités, de les regarder en face… Je n’aime pas que l’on nous mente.

« Rope Dancer », cela parle de quoi ?

Je l’ai écrite au moment où j’ai quitté Hooverphonic. Beaucoup de gens me disaient que j’étais folle. Et cela faisait peur. Rope Dancer, c’est le réconfort que l’on donne au funambule avant de faire le pas.

Sam Touzani, qui est votre manager, est présent dans les crédits comme parolier et compositeur. On lui connaissait des talents d’animateur, de comédien, d’auteur, mais pas ceux-là…

Il m’a beaucoup aidé dans l’écriture de mes textes. J’étais souvent bloquée et il m’a appris comment finir les choses (NDLR : elle lui dédie un cœur dans les remerciements). C’est un poète, il vient avec de belles images. ¦

Geike, « For the beauty of confusion », QOM/Berthus. Au Tempo’In Festival le 3/12 au Wex (www.ticketnet.be ou 0900 40 850) et le 13/12 au Botanique (02 218 37 32).