Un sauvetage provisoire ? « Une manière de gagner du temps pour sauver les intérêts des communes »

Un sauvetage provisoire ? « Une manière de gagner du temps pour sauver les intérêts des communes »

Emmener les communes vers la nouvelle Dexia est une alternative, selon M. Hermans.

Michel Hermans est politologue et, notamment, professeur à HEC-École de Gestion de l’Université de Liège.

Pourquoi sauver provisoirement le holding plutôt que de le liquider immédiatement ?

La seule raison que je vois, c’est de pouvoir réfléchir plus longuement à la manière de sauver ce qui peut en rester et les intérêts de ceux qui sont derrière : les communes.

À moyen terme, on évoque une « sortie accompagnée » du holding. Que faut-il comprendre ?

Que ce serait l’occasion donnée aux communes de retrouver leurs avoirs et de ne pas subir de plein fouet le choc de cette faillite. C’est une raison purement politique.

Les communes qui ont aidé à recapitaliser le holding en 2008 espèrent aujourd’hui en retour un geste du fédéral. L’argument est-il valable ?

Oui, l’argument est valable d’attendre un juste retour à leur participation. Mais l’État fédéral aussi avait participé. Et comme dans le contexte général des finances publiques les régions (flamande surtout) sont assez frileuses pour réduire la dette publique, il y a comme une réponse du berger à la bergère de la part du fédéral : vous êtes actionnaire principal du holding, c’est donc à vous d’intervenir plus lourdement puisque nous, on a déjà repris l’actionnariat Dexia dans sa totalité. Mais tout le monde est conscient qu’il faut sauver la situation pour les communes qui sont derrière.

Mais à moyen et long terme, les communes souffriront de toute façon de la disparition du holding et donc de la perte de dividendes.

Oui mais l’objectif pourrait aussi être d’emmener le holding dans une collaboration de l’actionnariat de la nouvelle Dexia Belgique. À partir du moment où il s’agit d’une nationalisation et qu’il s’agit d’une banque qui intervient beaucoup dans le local, on peut très bien imaginer que les régions, à travers le holding communal, et les communes participent directement à ce rachat. Ce serait une façon comme une autre, en étant recapitalisé, de participer à cette banque Dexia. Et donc aussi de réduire directement l’impact de l’état fédéral. C’est sans doute la discussion qui a lieu maintenant et qui est une autre façon de voir que de simplement imaginer la fin du holding communal. ¦ A.W.