Réseau de prostitution : DSK cité

DSK, qui est apparu hier en public pour le vote à la primaire socialiste, nie tout lien avec le réseau.

Associated Press/Reporters

Selon un journal français, l’ex-patron du FMI aurait été lié à un réseau de prostitution lillois qui fait l’objet d’une enquête.

Dominique Strauss-Kahn, dont la carrière politique a été anéantie cet été par une accusation de viol aux États-Unis, a demandé hier à être entendu dans le cadre d’une enquête sur une affaire de proxénétisme en France afin de mettre fin à des « insinuations malveillantes ».

Cinq personnes, dont un avocat réputé, un chef d’entreprise et les dirigeants d’un hôtel de luxe, le Carlton, ont été mis en examen cette semaine dans une affaire de proxénétisme à Lille, dans laquelle le nom de l’ancien patron du FMI a été mentionné par plusieurs médias comme étant l’un des clients de prostituées œuvrant dans des hôtels. M. Strauss-Kahn, dont « le nom est mentionné au détour d’une affaire instruite depuis plusieurs mois à Lille », a demandé à « être entendu le plus rapidement possible » afin qu’il « soit mis un terme aux insinuations et extrapolations hasardeuses et encore une fois malveillantes », a-t-il dit dans une déclaration à l’AFP. Selon le Journal du Dimanche, l’enquête en cours porte aussi sur de déplacements à New York de prostituées membres du réseau lillois.

Des liens avec des barsen Belgique

«Les enquêteurs soupçonnent Dominique Strauss-Kahn, alors patron du FMI, déjà cité par au moins deux prostituées comme un client de ce réseau, d’avoir été le bénéficiaire de ces déplacements », d’après l’hebdomadaire.

Vendredi, trois hôtels lillois, dont le Carlton, ont fait l’objet d’une fermeture administrative de trois mois décidée par les juges en charge du dossier, dans lequel ces établissements seraient impliqués. Des liens avec des personnes gérant plusieurs établissements de prostitution et bars en Belgique ont également été mis en évidence dans le cadre de cette enquête. Plusieurs policiers français pourraient aussi être mis en examen dans les prochains jours.

Dominique Strauss-Kahn reste l’objet d’une procédure au civil aux États-Unis, intentée par Nafissatou Diallo, une femme de chambre qui l’accuse de l’avoir violée en mai dans un hôtel de Manhattan. Les poursuites pénales ont en revanche été abandonnées fin août par la justice américaine qui a jugé la plaignante insuffisamment crédible.

La justice française a classé jeudi sans suite une plainte pour « tentative de viol » de la romancière Tristane Banon contre DSK, affirmant toutefois que des faits qualifiés d’agression sexuelle étaient « reconnus» mais prescrits.¦