Indigne zizanie

EDA - Jacques Duchateau

Les querelles autour de l’avenir du « Holding communal » ont encore été particulièrement pénibles, ce week-end. De messages codés en déclarations tapageuses, la liquidation ou non de cette institution importante pour les communes a, une nouvelle fois, montré à quel point il est difficile pour les représentants politiques d’accorder leurs violons, même lorsqu’il s’agit de dossiers vitaux dopés à l’urgence. Entre zizanie et cacophonie, bienheureux celui qui parvenait à comprendre quoique ce soit dans cette affaire où chacun est pourtant concerné, tant une faillite du Holding coûterait cher à tous, des communes à l’État en passant par les régions.

Cette polémique, sur fond de gros sous, n’est pas sans compliquer le tissu relationnel qui soude (?) notre pays. Ainsi la tentative du fédéral de renvoyer le gros de l ‘effort financier aux Régions ne manque pas de piquant lorsqu’on la met en parallèle avec tout le débat sur la loi de financement. C’est un peu comme si le fédéral disait aux Régions : « Ah vous vouliez de l’autonomie ! Eh bien en voilà de l’autonomie, débrouillez-vous ». Du cynisme à l’état pur.

Il y a les relations humaines aussi, polluées par les blessures aux amours-propres. Il paraît que Kris Peeters aurait ainsi fait sa mauvaise tête parce qu’on n’aurait pas assez prêté attention à ses idées lors du règlement du dossier Dexia.

En parlant de Dexia, justement, on peut s’étonner que toutes les séquelles possibles du dossier Dexia n’aient pas été examinées plus en profondeur. Résultat, les décisions doivent se prendre le couteau sous la gorge. Le Holding, dans l’impossibilité d’honorer ses échéances financières à la suite de l’effondrement des actions Dexia, voit son avenir se dessiner en pleine zizanie.

Et le citoyen dans tout ça ? Il compte les coups avant de compter ses sous. Car lorsque l’orage politique sera passé et quelle que soit la décision finale, il devra s’attendre à payer la facture des incuries financières. Si pas l’année prochaine (pour cause d’électeurs à ménager avant les scrutins communaux), au moins en 2013 lorsqu’il s’agira de combler les trous creusés par l’impitoyable spirale Dexia. En analysant tout cela, on en vient à croire que certains s’amusent à nourrir, par d’absurdes manœuvres désorganisées, la conviction du mouvement des indignés.