Une famille pas différente des nôtres

Antizan Asani a fait sa vie à Huy, comme de nombreux autres compatriotes.

Philippe luc

Des Albanais racontent leur vie à Huy. Une vie paisible, rien de plus normale. Celles de gens qui ont trouvé à Huy leur chez-eux.

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ne façade qui ne paie pas de mine, puis à l’intérieur la surprise. Un escalier en colimaçon, un parquet brillant, une TV grand écran, une chaîne stéréo, des meubles savamment rangés… Bref, un intérieur, décoré avec goût. Là, on se trouve à Huy dans une famille albanaise.

« On peut dire que j’ai passé toute ma vie en Belgique, raconte la dame de la maison. J’ai rencontré mon mari lors d’une fête à Bruxelles. Cela fait vingt ans que nous vivons à Huy. Nous sommes bien intégrés et c’est ici chez nous. Nos enfants sont nés ici, ils vont à l’école ici. Ils préfèrent aller en vacances en France, car on y parle la même langue que la leur, plutôt que d’aller en Macédoine. »

Ce que la dame raconte, son mari l’écoute avec beaucoup de tendresse.

« Je suis arrivé en 1988, quand Milosevic a retiré tous les droits aux minorités, explique l’homme de la maison. A cette époque, il y avait une dizaine de familles albanaises à Huy. Puis un grand nombre est arrivé au début des années 90. Nous sommes arrivés grappe par grappe, on peut parler d’effet boule de neige. Certains politiciens ont vu ça d’un bon œil, cela a permis à la ville de dépasser le seuil des 20 000 habitants. Aujourd’hui, nous sommes plus ou moins 400 familles à Huy. Au début, je ne parlais pas un mot de français mais certains cousins m’ont sorti au football ou ailleurs. Et j’ai pu ainsi rencontrer des gens et des filles. Oui des Belges, avec lesquelles j’ai pu apprendre le français. »

Dans ces familles installées à Huy, la plupart des membres sont naturalisés belges. Certains font parfois du bruit dans la ville.

« Ce sont toujours les mêmes, continue le monsieur. Ce sont les plus jeunes, ceux venus plus tard dans les années 2000. Les autres ne font pas de bruit, nous sommes bien intégrés. Certains vont au football à Huy, nous avons même durant plusieurs années fait venir une équipe pour l’Euro Huy. Aujourd’hui, je veux finir ma vie ici. Je ne veux pas déraciner mes enfants. Avec mon travail, j’ai plus de contacts avec des Belges qu’avec des Albanais. »¦

Th.D.