Quand Camille dit « Ilo Veyou » dans les chapelles de France

Pour son nouvel album « Ilo Veyou », Camille a enregistré dans des chapelles. Toujours à la recherche de nouvelles voix.

Après avoir surpris tout le monde en 2005 avec l’album Le fil – disque-concept traversé de bout en bout par la note « si » – Camille continue à creuser le sillon de l’originalité. Trois ans après l’étonnant Music Hole – album en partie en anglais, qui comportait une véritable ménagerie -, voici Ilo Veyou (prononcez à la française). Un album enregistré « au naturel », dans différentes chapelles et abbayes, pour laisser la voix prendre toute son ampleur. Épaulée par le multi-instrumentiste Clément Ducol – le papa de son petit Marius – elle livre un quatrième album très éclectique, fidèle à son image d’artiste libre.

On a l’impression que vous êtes plus apaisées sur cet album. C’est dû à quoi ?

Sans doute aux changements dans ma vie de femme. Music Hole, c’était un exécutoire d’énergie, de furie… Suite à la tournée, cela s’est calmé.

Et puis vous étiez enceinte quand vous avez écrit celui-ci…

Voilà… Cela porte à l’apaisement, à l’économie d’énergie. On va vers l’essentiel…

Vous avez multiplié les lieux d’enregistrement : la rue, un studio avec des murs en bois, des chapelles, l’abbaye de Noirlac…

Mon envie est de chanter partout, d’expérimenter plein de lieux. Le studio d’enregistrement se situait dans le Perche et il y a plein de petites chapelles dans les alentours. Pour tous ces lieux, c’était beaucoup de logistique et parfois beaucoup d’attente pour trouver le moment propice. Car même dans les petits villages, il y a parfois beaucoup de passage. Ou alors, un oiseau, une mouche, un truc…

Cette envie d’enregistrer dans la nature, c’est une façon d’enlever la technique ?

Non, c’est un intérêt pour le vivant, pour ce qui est simple et immédiat. Et même si l’auditeur n’entend pas que cela a été enregistré dans une chapelle, le lieu sera présent car cela m’imprègne, cela m’influence…

Une collègue qui a commencé à écouter votre disque m’a dit : « Cette fille est folle ! » Vous le prenez comment ?

(éclat de rire) Ça l’a rebuté ? On appelle « folle » une femme fantaisiste, « hystérique » une femme énergique et « chiante » une femme exigeante. Donc « elle est folle », oui, cela doit être mon métier… Cela ne me dérange pas.

Le spectacle va se faire dans des chapelles ou des petites salles, pour coller plus au travail fait sur l’album ?

C’est assez difficile, parce qu’il n’y a pas tant de petites salles que ça. Et puis elles établissent leur programmation longtemps à l’avance. J’ai aussi eu l’idée de faire une tournée dans des chapelles, mais je me suis dit que durant l’hiver, ce serait l’enfer. Donc, je vais essayer de faire plusieurs dates dans chaque ville, avec des endroits plus petits… Avant peut-être de faire des festivals l’an prochain et d’aller dans des chapelles une fois qu’il fera plus beau. ¦

Camille, « Ilo Veyou », EMI. En concert ce mardi 18 octobre au Cirque Royal.