opéra

Le grand retour d’Anne-Catherine Gillet

Anne-Catherine Gillet aux côtés de Wiard Witholt qui chante pour la première fois à Liège.

ORW/Jacky Lacroix

Elle est sur tous les fronts cet automne.La soprano namuroise Anne-Catherine Gillet chante à Liège, Bruxelles et sort un CD.

Rencontrer Anne-Catherine Gillet, c’est toujours un plaisir. La soprano devenue namuroise d’adoption (elle a grandi à Libramont) répète actuellement à Liège, Les noces de Figarodans une mise en scène de Philippe Sireuil. Rayonnante, elle avoue, « les noces, pour moi, c’est un peu un rêve. Mon tout premier rôle sur une scène d’opéra, c’est dans cette production, c’était en septembre 1996 ». Depuis, la jeune Anne-Catherine a fait du chemin. C’est cette fois dans le rôle de Susanna qu’elle revient. « Je ne pense pas que le regard de Philippe Sireuil sur l’œuvre de Mozart ait changé mais pour le reste tout a changé, les gens, tout ce que nous avons vécu. Nous avons 15 ans de plus. Je pense aussi que le duo avec le comte est plus violent. Figaro n’est pas un grand naïf, il est plus « teigneux ». Philippe nous dit toujours ‘’Ne me faites pas la Mélodie du bonheur !’’ (rires) » Revenir dans un Mozart et quel Mozart, c’est aussi un beau challenge ! « Mozart reste toujours difficile et j’y suis revenue régulièrement. C’est un baromètre pour la voix. On est assez à nu. Il ne pardonne rien, ni fatigue, ni faiblesses techniques. Et les Noces, je ne m’en lasse pas. Je pourrais l’écouter tous les jours, on n’y trouve ni longueurs, ni incohérences. »

Ces dernières années, la soprano s’était faite très discrète sur les scènes belges et a été particulièrement présente en France. « Travailler ici ou en France, ce n’est pas vraiment différent, explique-t-elle, ce qui est différent, ce sont les productions, les gens avec qui on travaille. Si ce n’est que le matin, je vois mes enfants partir à l’école ! Quand je suis seule, à l’étranger, c’est finalement moins fatigant (rires). Mais je dois avouer que mon mari m’aide beaucoup. Il est violoniste mais dans le domaine du rock et de la variété. »

Outre les Noces, Anne-Catherine Gillet prépare déjà Cendrillon de Massenet qu’elle jouera, en décembre à La Monnaie. Elle sort également, le 27 octobre, un CD enregistré voici tout juste un an, à Liège également, mais avec l’Orchestre philharmonique de la Cité ardente. « C’est vrai qu’on a fixé la date de parution au vu de mon actualité belge. Et puis je n’avais pas envie d’attendre encore pour cette sortie. Je sens depuis 2 ou 3 ans que ma voix évolue. J’ai chanté Susanna pour la première fois en 2008 et ici, en 2011, je me sens tout à fait bien dans ce rôle. C’est la même chose pour Cendrillon ou encore Roméo et Juliette que je chanterai dans un an. Sur le CD, on retrouve Les nuits d’été de Berlioz que j’avais déjà chantées. Mais je savais que je m’attaquais à quelque chose de grand. Knoxville de Barber, c’était une évidence, je l’avais chanté en concert. Les illuminations de Britten c’est très personnel. Je les ai chantées voici longtemps avec l’Orchestre de chambre de Wallonie. Il y a quelque chose de très singulier dans ces mélodies, de la sensualité et de la mélancolie. Je me retrouve dans cette musique. »

Épanouie, Anne-Catherine Gillet affiche une belle maturité. Et le visage aussi d’une femme et d’une mère épanouie. Même si ses enfants ne sont pas particulièrement fans de musique. « Pour eux, c’est le job de papa et maman. Et ils ne trouvent pas fascinant d’aller voir maman faire sur une scène des choses bizarres et extravagantes ! »¦