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Directeurs d’école divorcés: des voix s'élèvent contre Mgr Léonard

Directeurs d’école divorcés: des voix s'élèvent contre Mgr Léonard

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Les voix s’élèvent suite à la volonté exprimée par le primat de Belgique Mgr Léonard de ne pas voir de directeur d’école divorcé enseigner la religion ou exercer une fonction de direction dans l’enseignement catholique. Plusieurs instances ont réagi mercredi après-midi.

La volonté exprimée par le primat de Belgique Mgr Léonard de ne pas voir de directeur d’école divorcé enseigner la religion ou exercer une fonction de direction dans l’enseignement catholique ne semble pas partagée par la ministre de l’Enseignement obligatoire Marie-Dominique Simonet, qui entend rester attentive à toute forme de discrimination.

Le cabinet de la ministre a précisé qu’en tant que garante de la légalité, elle rappelle que les décrets concernant la nomination des directeurs d’écoles ne se basent pas sur des questions d’ordre privé pour la sélection des candidats. Elle entend rester attentive à toute forme de discrimination directe ou indirecte, tout en respectant les prérogatives des pouvoirs organisateurs, dit-on encore.

De nombreuses réactions négatives

Cette prise de position a déjà suscité des réactions négatives de la part du Collège des directeurs de l’enseignement fondamental catholique, qui ont rappelé qu’un cadre légal garantit une distinction claire entre les vies privée et publique.

Quant au Secrétariat général de l’enseignement catholique (Segec), il a mis en garde contre toute de discrimination à l’embauche.

L’Union des fédérations des associations de parents de l’enseignement catholique (Ufapec) estime pour sa part que « La personne doit répondre aux conditions légales pour être engagée ».

Le pouvoir organisateur catholique d’un établissement scolaire ne peut exiger de son directeur ou de ses collaborateurs des choses relatives à leur vie privée, indique mercredi le Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme (CECLR). Le CECLR estime par ailleurs que les propos de Mgr Léonard pourraient être considérés comme une incitation à la discrimination.

« Toute la question est de savoir si une école, parce qu’elle est catholique et donc sous l’autorité morale et spirituelle de l’Eglise, peut imposer directement ou indirectement des comportements de vie à son directeur et ses collaborateur », explique le directeur adjoint du CECLR, Edouard Delruelle.

Edouard Delruelle indique par ailleurs trouver les propos de Mgr Léonard inquiétants. « On pourrait considérer qu’avec l’autorité morale qui est sienne, l’archevêque a fait une sorte d’injonction aux PO de discriminer les divorcés. Ses propos pourraient donc être considérés comme une incitation à la discrimination sur base de l’état civil, selon la loi de 2007 », conclut M. Delruelle.

Le Centre d'Action Laïque déplore les déclarations de l'archevêque André-Joseph Léonard et assure son soutien aux enseignants visés. "Le CAL entend exprimer sa solidarité aux nombreuses personnes et associations catholiques proches des milieux scolaires qui se sont mobilisées pour dénoncer cette nouvelle intrusion de l'Eglise dans la vie privée des personnes et dans l'organisation de la société. Faut-il rappeler en effet que l'enseignement catholique est subventionné à 100% par les pouvoirs publics et que nous ne sommes plus sous le régime concordataire du XIXe siècle? ", souligne le communiqué de presse.

Le CAL estime également que laisser entendre que des personnes divorcées ne seraient pas à même d'exercer des responsabilités au sein de l'école est "outrageant et insupportable".

Le Centre d'action laïque affirme son soutien aux enseignants visés ainsi qu'à tous ceux qui, dans la société, pourraient être victimes de discriminations à l'embauche pour des motifs liés à leur état civil, à leur origine, à leurs opinions et à leur orientation sexuelle - "sujet sur lequel le clergé belge n'a du reste de leçons à donner à personne", conclut le CAL.

Avec Belga