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Natagora dénonce une « mascarade de chasse

Natagora dénonce une « mascarade de chasse

Trop nourris et trop nombreux, les sangliers dont des dégâts.

EdA

La saison de la chasse s’ouvre samedi. L’association Natagora demande la suppression du nourrissage.

Il y a trop de cerfs et de sangliers dans nos forêts. La situation n’est pas nouvelle, mais elle refait l’actualité chaque année au moment de l’ouverture de la chasse. Et pour l’association de défense de l’environnement Natagora, ce problème a une cause principale : le nourrissage. Il a été autorisé dans des conditions très strictes pour dissuader les ongulés de s’attaquer aux cultures. Mais les dérives sont tellement nombreuses qu’on est par endroits à la limite de l’élevage.

« On voit des sangliers complètement domestiqués suivre le véhicule pour avoir leur maïs, dénonce Philippe Funcken de Natagora. Après, c’est facile de les tirer. Certains clôturent même leur chasse. Ce n’est plus du tout une chasse éthique, c’est une mascarade de chasse. »

La population a triplé en 20 ans

L’association est bien claire : elle ne veut certainement pas interdire la chasse. Le problème, c’est qu’avec le nourrissage, les chasseurs ne remplissent plus leur rôle de régulateur, depuis la disparition de grands prédateurs naturels, mais organisent la surpopulation d’ongulés. Mieux nourris, les animaux se reproduisent encore plus : jusqu’à trois portées par an. La population de sangliers a triplé en 20 ans.

Et le système a un effet pervers : plus on les nourrit, plus ils sont nombreux donc, et plus ils sont nombreux, moins ils trouvent de nourriture et cherchent à se nourrir de plus en plus loin. Or, une population en équilibre trouvera ce dont elle a besoin et ne ressentira pas le besoin de sortir des bois pour aller se nourrir dans les cultures et les jardins.

Habitats menacés

En dehors de ce problème éthique de chasse, les sangliers et les cervidés causent de réels dégâts aux forêts : sous bois ratiboisés, habitat d’autres espèces détruit… Mais ça va plus loin : les agriculteurs qui utilisent des clôtures électriques pour protéger leurs cultures sont obligés de dégager une parcelle en bord de champs pour y installer le système. «Ceux qui fauchent, c’est bien, mais certains utilisent du désherbant parce que c’est plus simple et ça détruit tout un habitat… », déplore Philippe Funcken de Natagora.

La surpopulation d’ongulés pose aussi des problèmes à la sylviculture, explique encore le représentant de l’association : « Certains propriétaires de bois louent leur chasse au plus offrant. Ils ont intérêt, par souci de rentabilité, à ce qu’il y ait un maximum de bêtes sur leur parcelle. Mais c’est un profit à court terme. Dans ces parcelles, les bêtes broutent tout, piétinent les jeunes pousses et le sol ne se régénère pas. Et dans 15, 20, 30 ans, ce sont des forêts mortes. »

Le nourrissage a déjà été interdit en 2003 dans les forêts régionales, mais elles ne représentent qu’un sixième de la surface totale des forêts wallonnes. L’association demande que les communes prennent leurs responsabilités en suivant l’exemple de Vielsam, Daverdisse ou de Chiny qui ont interdit totalement le nourrissage sur leur territoire.¦

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