Au milieu des années 60, Rose une Bruxelloise quitte la Belgique pour aller vivre en Turquie.45 ans plus tard, elle raconte son histoire.

Décembre 2008, notre confrère Dominique Wauthy, journaliste mais aussi grand sportif débarque à Istanbul dont il ne connaît presque rien… Il fait partie d’un groupe de cyclistes venus faire une randonnée autour de la mer de Marmara. Dans ce groupe Raymond, un Liégeois que Dominique connaît peu mais dont la mère Rose, née à Bruxelles habite la Turquie depuis plus de 40 ans. Elle s’appelle désormais Aysegül et est devenue musulmane. Entre la dame et Dominique, le courant va rapidement passer. Et quand elle lui fait part de son désir d’écrire son histoire, c’est tout naturellement qu’il va le faire, pour elle et avec elle.

« J’avais commencé à écrire cette histoire voici 15 ans, nous confie Rose lors d’un récent passage en Belgique, en turc que je pratique presque plus facilement que le français. J’avais ouvert un magasin de vêtements dans une galerie commerçante, tout allait bien et soudain, nous avons eu de gros problèmes d’eau. Un défaut de construction… Tout a été abîmé. J’étais effondrée, je ne suis plus sortie de chez moi pendant deux ans et demi. Je n’ai pas recommencé mon récit. »

Pourtant Rose en a des choses à dire. Et c’est finalement Dominique qui l’aidera à raconter une histoire qui a débuté à Bruxelles où au début des années 60, Rose est une jeune veuve qui travaille comme décoratrice dans un grand magasin et élève un jeune bébé, Raymond. Fille d’une famille stricte et catholique, Rose a toujours rêvé d’Orient « petite déjà, je parlais de la Turquie, mes parents ne comprenaient pas ». Aussi, quand Çelal qui termine des études de tourisme en Belgique s’intéresse à elle, l’invite en Turquie puis lui propose le mariage, elle finit par accepter.

C’est le début d’un vrai cauchemar pour Rose qui se retrouve dans une Turquie proche du Moyen Âge. « J’étais la mère de ses enfants, une pondeuse ! » Pour Rose, la désillusion est grande. Pourtant, quand elle est veuve pour la seconde fois, mère de cinq enfants, « je suis restée en Turquie parce qu’à la mort de mon mari, tous les gens m’ont aidée, ici en Belgique, qui l’aurait fait ? » Un remariage raté et puis, le grand amour qu’elle rencontre, lors d’un retour en Belgique, avec Jacques. Un dernier mari qui, atteint de sclérose en plaques, finira ses jours en Turquie entouré de Rose, de ses enfants et de ses amis.

Rose-Aysegül est un roc auquel s’accrochent de nombreuses vies en Turquie. Mais c’est aussi une femme qui, à plus de 70 ans, avait sans doute besoin de se confier. Dans un récit qui alterne passé et présent, Dominique Wauthy nous fait découvrir un destin étonnant.¦

M.F.G.

Dominique Wauthy, « Aysegül, tu ris, tu pleures », Chloé des Lys, 273 p., 19,30 € (chloe.deslys@scarlet.be). Rose sera également l’invitée d’Adrien Joveneau ce dimanche 18 septembre de 9 h 15 à 10 h sur La Première.