« Ici, pas d’inspection scolaire »

Professeur de maths à Schola Nova, elle évoque les préjugés sur l’école.

Peggy Decroix, vous êtes diplômée de l’École royale militaire. Comment êtes-vous passée de l’armée à l’enseignement privé ?

Cela s’est fait un peu par hasard. J’ai passé l’agrégation durant une pause carrière, et au moment de chercher du travail, j’ai appris que l’école cherchait un prof de maths. J’habite à trois kilomètres, c’est donc avant tout le côté pratique qui m’a attirée… Mais au départ, je ne connaissais l’école que par des rumeurs.

Des rumeurs…

Oui, il y a beaucoup de préjugés autour de l’école. Le programme est particulier, pas vraiment dans l’air du temps… En plus, ce n’est pas gratuit. Alors, beaucoup de gens s’imaginent des choses : qu’il n’y aurait ici que des gosses de riches ou des aristos, ou encore des génies, des enfants à « haut potentiel »

Et vous démentez ?

Totalement ! Dès les premiers contacts avec les élèves, je me suis rendu compte que ce n’était pas ça du tout. C’est sûr qu’on n’attire pas n’importe quel public : faire le choix de parler latin aujourd’hui, ça demande un certain profil qui n’est pas des plus répandus. Mais on ne peut pas ramener ça à une affaire de classe sociale ou de capacités intellectuelles : notre public est diversifié.

Le coût du minerval dans les écoles privées est un sujet souvent évoqué. Pour les profs, financièrement, il y a une différence ?

On n’est pas mieux payés parce que l’école est payante, au contraire. Je suis deux fois moins bien payée que si j’enseignais dans une école officielle. Et j’ai un CDD, sans la possibilité d’être nommée, sans les avantages de l’ancienneté…

Alors pourquoi ce choix ?

Pour la liberté que cela me laisse : je n’ai de comptes à rendre à personne. Évidemment, j’enseigne globalement la même matière : mes élèves doivent pouvoir réussir le Jury central ou l’examen d’admission à l’université. Mais j’ai la liberté de faire des choses un peu différentes. Par exemple, j’ai pu faire des maths un peu philosophiques avec les plus grands, qui avaient un peu de mal avec la notion d’infini. ¦ A.Mog.