Étudier, c’est aussi pour le plaisir

Charly De Maré étudie l’égyptien, par passion, durant les vacances.

Certains, pendant l’été, étudient non pas contraints et forcés par la perspective d’une seconde session, ni pour se préparer aux études supérieures… mais pour le plaisir. Ainsi, chaque année, la première quinzaine du mois d’août, l’ABELAO (Académie Belge pour l’Étude des Langues Anciennes et Orientales) organise son académie d’été à Louvain-la-Neuve. Au programme : des cours de langues et de culture et civilisation.

« On attire vraiment des gens de tous les âges, assure le secrétaire de l’Académie, Marc Malevez. Des jeunes de 16-17 ans qui veulent approfondir leur formation en langues anciennes, leurs aînés qui veulent apprendre une langue pour des raisons professionnelles, ou par passion… »

En effet, les langues orientales incluent le chinois, l’arabe, le turc… Autant de langues dont on saisit directement l’utilité aujourd’hui. Mais pas moins de 12 langues sont enseignées cette année, parmi lesquelles le copte, le persan ou encore l’hébreu… « Pour des spécialistes, c’est très utile,affirme Marc Malevez.Certains égyptologues, par exemple, ont besoin d’apprendre le copte pour déchiffrer certains textes, et cette langue n’est enseignée dans aucune université belge. »

Un nid de passionnés

Charly est le plus jeune élève de l’académie d’été. Il a 16 ans, il entre en rhéto, et a toujours été passionné d’égyptologie. « Je voudrais en faire mon métier, mais pour cela, c’est important de connaître l’égyptien et de savoir lire les hiéroglyphes,souligne-t-il. Je suis déjà venu l’année dernière. Cette année, j’en suis au troisième niveau du cours d’égyptien, le plus élevé. »

La plupart des jeunes qui participent à l’académie sont de vrais passionnés, qui envisagent des études supérieures dans cette branche. « Sans être une classe préparatoire, c’est sûr que l’académie d’été peut servir à préparer le terrain pour la suite », estime Charly. Pour lui, c’est surtout l’occasion de vivre sa passion pendant 12 jours, et à temps plein : « Demain, je fais visiter Bruxelles, et notamment l’exposition Toutânkhamon, aux étudiants étrangers de l’académie ! » s’enthousiasme-t-il.

Car parmi la cinquantaine d’élèves, certains viennent de loin : cette année, un Napolitain et un Athénien se retrouvent sur les bancs de l’académie aux côtés des Belges, des Français, des Luxembourgeois… Un engouement que s’explique facilement Marc Malevez :« L’orientalisme est très développé en Belgique.Certaines langues ne sont enseignées nulle part en Europe… sauf à notre académie d’été, ici, à Louvain-la-Neuve. » ¦