Dans les Pyrénées, bas les Basques

Dans les Pyrénées, bas les Basques

Enfant adopté du pays, Sanchez a régalé ses supporters basques.

Associated Press / Reporters

Ils avaient prévenu. Ils nous le préparaient pour les Pyrénées, leur coup basque. Après une première partie de Tour réservée soit aux rouleurs, soit aux puncheurs, les grimpeurs de la formation espagnole Euskaltel-Euskadi ont enfin pu dévoiler leurs intentions : faire rayonner l’oranger sur les pentes pyrénéennes, leur terrain de jeu favori à deux pas de la frontière ibérique. À Luz-Ardiden, Sanchez succède ainsi au parrain Roberto Laiseka, qui s’était imposé sur les mêmes pentes il y a 10 ans.

Dès le matin, le finaud Ruben Perez se fourre dans l’échappée. L’orange caracole donc en tête toute la journée. Car quand Gilbert place son coup de rein, c’est la star d’Euskaltel Samuel Sanchez qui gicle. 4e du Tour l’an dernier mais distancé par un début de course loupé, il flaire le rattrapage. « J’avais vu que Gilbert était parti dans la descente. Il avait un équipier devant et moi aussi avec Ruben. Il y avait quelque chose à faire parce que les Schleck n’avaient plus qu’un équipier et Contador aussi.» Sanchez s’entend alors avec Vanendert pour s’envoler vers les cimes. Le Belge n’aura même pas pu lui coller aux Basques : dans la finale, le petit grimpeur détale. Et régale ses supporters, sans doute les plus chauvins croisés dans les cols ces dernières décennies.

Pourtant, Sanchez n’est pas un enfant du pays. Son parcours relève presque de l’hérésie dans une équipe qui considère nationalisme et eugénisme comme de véritables philosophies de fonctionnement. Né comme le pilote de F1 Fernando Alonso dans la ville d’Oviedo, capitale des Asturies voisines dans le Nord espagnol, Samuel Sanchez débarque dans l’enclave basque à l’adolescence. C’est sa maman qui l’assied sur le vélo. Elle meurt un an après que Samuel a débuté comme pro chez Euskaltel. «C’est elle qui me conduisait à l’école de vélo. Je lui dédie toutes mes victoires. » Comme la médaille d’or des JO de Pékin. « Mais ça s’est passé loin. Gagner ici, dans les Pyrénées, c’est incomparable. Je n’arrive pas à y croire.»

Et après ça, qu’on ne vienne plus dire que la pelote basque est leur sport national !¦

Avec AFP