Passion

Les orages, comme si vous y étiez

Leur hobby ? Traquer les orages.

Ce mardi, Michael Baillie et Samina Verhoeven étaient à la fête. Et pour cause, ce sont des chasseurs d'orages ! Armés de tout leur matos, ils ont bravé le mauvais temps pour mitrailler le ciel. Voici leurs plus beaux clichés.

Ils habitent Bruxelles. Sont âgés respectivement de 28 et 27 ans. Et vouent une passion dévorante pour les orages. Tant et si bien que Michael Baillie et sa compagne Samina Verhoeven sillonnent la Belgique pour prendre des clichés de ces sublimes phénomènes. Bref, ce sont des « chasseurs d’orages ».

Michael Baillie, d’où vous est venue cette idée de traquer les orages ?

C’est sûr que chasseur d’orages, ce n’est pas un hobby courant ! Mais depuis très longtemps, je m’intéresse aux phénomènes naturels, aux changements d’état. Et la météo, c’est parfait pour ça ! Je dirais même que les orages représentent le summum dans ce domaine.

Quel a été le déclic ?

C’est tout à fait par hasard que ma compagne et moi nous nous sommes retrouvés tous les deux à s’intéresser aux orages. Nous étions occupés à prendre des prises des vues dans la forêt de Soignies lorsque nous nous sommes dit : pourquoi ne photographier ces phénomènes ? C’est parti comme ça. Et ça a été tout de suite le coup de foudre.

En tant que chasseur d’orages, expliquez-nous le déroulement des opérations…

Première chose à faire : consulter des modèles météorologiques afin de recueillir le plus d’informations possible sur toute une série de paramètres : les vents, les précipitations, l’instabilité, l’humidité de l’air… Pour qu’un orage éclate, il faut évidemment que certaines conditions soient réunies. C’est un peu comme dans la Formule 1. La voiture a besoin d’essence – c’est l’instabilité pour un orage – pour qu’elle puisse démarrer. Mais il lui faut également un pilote, disons Michael Schumacher, sinon elle n’avancera pas d’un poil. Dans le cadre des orages, le pilote, c’est le cisaillement des vents. Je vous passe les détails.

Et ensuite ?

Avec, en mains, ces différentes informations, on se demande si cela vaut la peine ou non de se déplacer. Certains orages ne durent pas longtemps. Inutile donc dans certains cas de se précipiter sur les routes au risque d’être fort déçus. Si vous prenez la décision de traquer l’orage, il faut choisir la meilleure place possible où se poser. Opter pour un environnement dégagé, où le phénomène est susceptible de transiter. Afin de suivre l’évolution de l’état du ciel en dehors de notre champ de vision, on garde constamment avec nous un outil connecté avec internet.

Traquer des orages, ça ne doit pas être sans risque…

C’est pour ça que nous prenons des précautions ! La plupart du temps, nous veillons ainsi à rester dans notre voiture, avec les fenêtres fermées. Une astuce qui permet de vous protéger si la foudre passe à côté de vous… Mais bon, il faut être réaliste ; les chances d’être touché par la foudre sont vraiment minimes. Nous évitons aussi le plus possible de se positionner sur un chemin de terre et optons de préférence pour les routes en béton….

Qu’est-ce qui vous plaît tant dans ce hobby ?

De dépasser mes limites. Prendre des prises de vue d’un orage représente un vrai challenge. Cela demande une vraie réflexion. Pas comme de photographier des ministres à la sortie d’un conseil. Comme vous savez où ils vont se mettre (rires) !

Un petit mot sur la création de « Belgorage » que vous avez lancé le 24 avril 2010…

C’est un collectif constitué à partir de passionnés d’orages. Chacun suivant sa spécialité apporte sa pierre à l’édifice. Je suis cameraman de profession, ma compagne est infographiste. Jean-Yves est prévisionniste, Robert est climatologue. Un autre est chargé de récolter des informations, voir là où il y a eu des dégâts..

Nous traquons les orages et les photographons principalement dans un but esthétique. Nous organisons d’ailleurs une expo à Orbais en octobre pour présenter nos photos. Rien qu’avec le visuel, vous savez dire si l’orage est violent, s’il se dissipe… Et justement c’est ça qui est intéressant.

Les orages, on ne connaît que 20 % du phénomène. Mieux les connaître et c'est la possibilité d'éviter pas mal de faits divers. J'ai été un jour attéré de voir que des gens d'un camping buvaient tranquillement un verre dehors, près d'un cours d'eau alors qu'un orage se préparait. Ils n'en savaient rien. Et pour cause, ils ne reconnaissaient pas les signes annonciateurs d'un tel phénomène. De même, une dame m'a confié qu'elle avait failli provoquer un accident alors qu'elle avait été surprise par des trombes d'eau. Bref, notre travail, en plus de son côté esthétique, contribue également à démystifier le phénomène. Même si les paramètres peuvent très vite changer la donne.