Interview

« Certains taux d’échecs ne sont pas normaux »

« Certains taux d’échecs ne sont pas normaux »

Marie-Christine Linard soutient la possibilité de recours à 200 %.

Marie-Christine Linard, vous êtes responsable de la Fédération des associations de parents de l’enseignement officiel (FAPEO). Jouons les avocats du diable : le recours, n’est-ce pas finalement un mauvais service rendu aux parents et aux élèves ?

Non. Beaucoup de parents ont un véritable sentiment d’injustice, notamment parce que certaines écoles ne laissent pas la possibilité de passer une seconde session. Parfois, on fait doubler un étudiant directement. Et quand on sait le peu d’utilité du redoublement…

Un recours permet de revoir les choses. Il a d’autant plus d’intérêt qu’il y a aussi des injustices purement matérielles. J’ai eu vent d’une enfant qui n’a pu répondre à des questions parce qu’il avait le bras dans le plâtre. Et on n’a pas tenu compte de ça dans la cotation.

N’y a-t-il pas un risque de dérapage et que l’on commence à introduire des recours pour le moindre petit problème supposé ?

L’école a toujours la possibilité de rejeter un recours. Mais honnêtement, nous n’avons pas le sentiment qu’il y a des abus. Ça peut arriver, bien sûr. Mais, franchement, quand on voit certains taux d’échec scolaire, il y a de quoi se poser des questions. Dans certaines institutions, on arrive parfois à 60 % d’échec ! Et il y a des classes où personne ne réussit. Là, il y a un problème. Et les parents ont du mal à comprendre. Ils s’interrogent sur les raisons et se rendent compte que quelque chose ne va pas. Il est donc normal qu’ils introduisent des recours. Je les encourage même à le faire.

Quand on voit les statistiques, il y a des choses catastrophiques qui n’arrivent pas en Flandre ou à Bruxelles, voire dans d’autres pays. Les parents ne comprennent plus trop l’école. ¦