Une grève qui énerve de plus en plus

Les bus coincés aux dépôts, ce sont à nouveau les usagers qui ont dû déserter les abribus hier.

Belga

La grève des TEC énerve de plus en plus de monde. Alors que l’idée d’un service de continuité revient, des usagers appellent à manifester.

Le bras de fer est engagé entre grévistes et direction des TEC. Les premiers n’entendent pas arrêter leurs mouvements, les seconds ne veulent rien céder. Résultat, les bus sont restés aux dépôts et les usagers sur le carreau. Le ras-le-bol est palpable.

Hier, seuls 15 à 20 % des bus TEC circulaient dans la région Liège-Verviers. Les dépôts de Robermont, Jemeppe, Rocourt et Bassenge étaient bloqués. Et le porte-parole de la zone n’était guère optimiste : « J’ai les pires craintes quant à l’évolution de la situation. »

D’autant que, comme annoncé, le mouvement a pris de l’ampleur. Une partie des collègues des TEC Namur-Luxembourg a débrayé. Mais pour d’autres raisons. Il s’agissait ici de protester contre le fait que certains travailleurs de la zone, qui avaient obtenu le droit d’être mutés vers le dépôt de Saint-Hubert, n’ont finalement pas été affectés à cette unité. Mais en matinée, seuls 3 bus sur 10 ne roulaient pas à Namur, 10 % à Andenne et Florennes, et la situation était quasi normale dans le sud de la province du Luxembourg.

Mais ces différents mouvements de grève, surtout celui de Liège, ne font pas l’unanimité. Hier, le syndicat chrétien (CSC) a demandé aux travailleurs de « reconsidérer leur mouvement de grève en un mouvement qui ne paralyse pas la sortie des bus ».

Du côté de la CGSP, on préférait rejeter la faute sur la direction, qui pourrait « facilement solutionner (le conflit, NDLR) si elle en avait la volonté. » Le syndicat socialiste a accusé les administrateurs généraux de TEC de vouloir « exploiter la moindre tension sociale pour mettre le ministre Philippe Henry en difficulté, jusqu’à utiliser les revendications des travailleurs pour faire monter la température » à un moment où se négocie le nouveau contrat de service public des TEC.

Des accusations qualifiées de « grotesques » par la direction. « Il faut vraiment être à court d‘arguments pour en arriver là ». Ambiance.

Pendant ce temps-là, la population est prise au piège. Et commence à perdre patience. Un appel à manifester a d’ailleurs été lancé sur Facebook. Plusieurs milliers de personnes ont annoncé leur présence ce samedi à 14 h devant la maison des TEC de la place Saint-Lambert à Liège. Reste à voir si elles y seront vraiment.

Consciente du ras-le-bol des citoyens, l’Union wallonne des entreprises a, pour sa part, dénoncé un « abus flagrant du droit de grève ». Avant de plaider, comme le député François Bellot (ci-contre), pour une obligation de service minimum.¦

F.-X. G. (avec Belga)