Bart De Wever dans le collimateur

Éditorialiste de blog, chroniqueur, scénariste, Marcel Sel cible Bart De Wever.

Belga

Bart De Wever se situe dans le droit fil de l’extrême droite flamande. Si on en croit un livre polémique, en français, dirigé contre le président de la N-VA.

« Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément » : Marcel Sel ne s’est apparemment pas inspiré de Boileau et de son « Art poétique » pour rédiger son dernier ouvrage, consacré à Bart De Wever ( * ). Car son pamphlet est fort épais.

« Les » secrets ? « Le » secret, plutôt, pas tellement de Bart De Wever, mais de son parti, de droite résolue, que l’auteur – présenté comme « éditorialiste de blog », chroniqueur et scénariste de radio et de télévision – s’attache à rattacher à l’extrême droite.

Pour ce faire, pas toujours avec bonheur, Marcel Sel s’institue historien, et remonte aux années 30, pour établir une filiation évidente à ses yeux. « D’ailleurs », pose-t-il, « entre le Vlaams Belang et la N-VA, la seule différence est la culture de l’injure pratiquée par le Belang».

Que la N-VA n’ait jamais fait campagne contre les immigrés, ou sous l’image du gant de boxe, ne le dérange guère : il épingle des propos « peu philosémites » à ses yeux de Bart De Wever, ou du président du Parlement flamand, Jan Peumans. Et rappelle le récent vote, à la Chambre, de la loi sur le regroupement familial. Approuvée par la N-VA, c’est vrai. Mais aussi par le CD & V, l’Open VLD, le sp. a et le MR, avec l’abstention du cdH et du PS : plus qu’un détail, pourtant.

« Tout ce que je vais écrire sera rejeté avec virulence en Flandre », écrit Marcel Sel dans son avant-propos. Il publie son livre en français – et même parfois un français pincé, quand il parle par exemple à plusieurs reprises du « maire d’Anvers » – alors, que, selon lui, « c’est l’électeur flamand qui a le pouvoir de changer les choses ». « Si j’avais rédigé en néerlandais, il m’aurait fallu trois mois de plus et une armée de correcteurs. Et je n’aurais peut-être pas trouvé d’éditeur », élude-t-il.

Du coup, son ouvrage risque, à l’instar de certains éditoriaux de la presse bruxelloise, d’… apporter des voix à la N-VA. Dont le leader, cible de toutes les critiques francophones, tire bénéfice de celles-ci. Car pour Marcel Sel, Bart De Wever est responsable du blocage actuel. « J’avais même suggéré aux francophones de faire la grève des négociations », explique-t-il. Au risque de prolonger le blocage, et précipiter la fin de la Belgique ? « Je ne dis pas que c’est une probabilité », proteste-t-il, s’avouant incapable de trancher « entre deux probabilités : que la Belgique continue, ou qu’elle prenne fin». L’analyse laisse sans voix !¦

« Les secrets de Bart De Wever », Éd. de l’Arbre, 446p., 21,90 euros