AFRIQUE

Kabila et Vanackere enterrent définitivement la crise belgo-congolaise de 2008

Kabila et Vanackere enterrent définitivement la crise belgo-congolaise de 2008

Belga

Le ministre belge des Affaires étrangères, Steven Vanackere, a rencontré mardi à Kinshasa le président Joseph Kabila dans une ambiance qualifiée d’« ouverte » et de « constructive », preuve que les relations entre les deux pays sont désormais vraiment normalisées après la grave crise diplomatique de 2008.

Steven Vanackere, qui séjourne en République démocratique du Congo (RDC) depuis dimanche soir, s’apprêtait à recevoir l’un des chefs de file de l’opposition, Vital Kamerhe, à la résidence de l’ambassadeur de Belgique quand est venue la confirmation de la rencontre avec le chef de l’Etat.

Toute sa délégation s’est alors rendue en hâte à la Cité de l’UA (Union africaine), où M. Kabila a coutume de recevoir ses visiteurs étrangers.

L’entretien a duré une bonne heure et s’est conclu par un point de presse des chefs de la diplomatie belge et congolaise, Alexis Thambwe Mwamba. Fidèle à son habitude, M. Kabila n’est pas apparu.

Une crise de neuf mois

Steven Vanackere a fait état d’une discussion « franche » et « ouverte » consacrée aux prochaines élections en RDC et à des dossiers bilatéraux, mais aussi à des thèmes « difficiles », comme l’insécurité persistante dans l’ex-Zaïre, les droits de l’Homme, les violences sexuelles faites aux femmes et aux problèmes de la justice congolaise. « J’ai exprimé mon inquiétude à ce propos », a-t-il dit.

Il s’agissait de la deuxième rencontre entre MM. Kabila et Vanackere, après celle de janvier 2011 à Lubumbashi (Katanga, sud-est de la RDC) qui avait marqué la réconciliation entre la Belgique et son ancienne colonie.

En 2008, des critiques répétées de l’ancien ministre belge des Affaires étrangères Karel De Gucht sur la corruption en RDC avaient provoqué une profonde crise diplomatique de neuf mois entre Bruxelles et Kinshasa.

Des relations « adultes »

Cette crise a pris fin par la publication, le 24 janvier dernier, d’une déclaration commune des deux Premiers ministres, M. Van Rompuy et Adolphe Muzito, qui instaure entre leurs deux pays un dialogue « permanent, franc, ouvert et constructif, respectueux des institutions démocratiques et légitimes des deux Etats ».

M. Thambwe a indiqué mardi qu’il appréciait que la Belgique et la RDC aient maintenant des relations « comme adultes ».

Un point de vue partagé par Steven Vanackere. Il s’est dit partisan de l’approche consistant à tenter d’exercer une influence par le biais de relations normales.

Le chef de la diplomatie belge a souligné avoir reçu de M. Kabila la garantie que les élections générales seront bien organisées à partir de la fin de l’année.

Les scrutins se dérouleront dans la transparence requise et en toute sécurité, a assuré M. Thambwe.