Une plainte contre Sarkozy

Selon Dumas et Vergès, Sarko est responsable de crimes contre l’humanité....

Associated Press / Reporters

Les deux célèbrent avocats, Roland Dumas et Jacques Vergès, comptent déposer plainte contre le président Sarkozy pour « crimes contre l’humanité » en Libye.

Au cours d’une conférence de presse à Tripoli, un représentant du ministère libyen de la Justice a indiqué que les deux avocats français s’étaient portés « volontaires » pour soutenir une plainte des familles des « victimes des bombardements de l’Otan » contre le président Sarkozy, dont le pays a pris la tête des opérations de la coalition internationale en Libye.

« Les deux avocats vont porter plainte au nom des familles libyennes devant les tribunaux français », a déclaré Ibrahim Boukhzam, en présence d’une trentaine de représentants de familles qui ont signé des procurations aux deux avocats.

Me Dumas, ancien ministre socialiste, a indiqué avoir été « stupéfait de constater que cette mission (de l’Otan) qui vise à protéger les civils est en train de les tuer ». Il a dénoncé « une agression brutale contre un pays souverain », et a affirmé qu’il était prêt à défendre le colonel Mouammar Kadhafi au cas où il serait jugé par la Cour pénale internationale (CPI).

Qualifiant les pays de l’Alliance atlantique d’« assassins », Me Vergès a fustigé de son côté un « État français conduit par des voyous et des assassins ».« Nous allons briser le mur du silence », a-t-il dit.

L’Otan accusée d’avoir tué 11 civils

Sur le terrain, le régime libyen a accusé lundi l’Otan d’avoir tué 11 civils lors de bombardements menés à 150 km de Tripoli, où se trouve le président sud-africain Jacob Zuma afin de discuter avec Mouammar Kadhafi d’« une stratégie de sortie » au succès peu probable.

« Des sites civils et militaires dans la région de Wadi Kaam, à Zliten, ont été la cible lundi de raids de l’agresseur colonialiste croisé », a rapporté l’agence officielle Jana, ajoutant que « 11 martyrs sont tombés et un certain nombre de personnes ont été blessées ». Si ces décès sont avérés, il s’agirait de l’une des plus grosses bavures commises par la coalition internationale depuis le début de l’intervention sur mandat de l’ONU, le 19 mars dernier. Les restrictions imposées aux médias par les autorités libyennes empêchent toutefois toute vérification indépendante.¦