FORMULE 1

Papa D'Ambrosio: "Jérôme en veut déjà plus"

Papa D'Ambrosio: "Jérôme en veut déjà plus"

« Nous sommes fiers de Jérôme. Mais aussi un peu anxieux pour son futur. Car en F1, rien n’est définitif ».

Belga

Les parents de Jérôme D’Ambrosio ont assisté pour la première fois ensemble et sur placeà un GP de leur fils. Impressions paternelles.

Déjà présent huit jours plus tôt à Barcelone, où il avait assisté pour la première fois sur place à un week-end F1 de son fils (« Après avoir suivi le 1er GP, celui de Melbourne, à la télé, en me frottant les yeux pour y croire »), Henri D’Ambrosio était encore discrètement là, à Monaco. Avec cette fois son épouse, une maman quasi « invisible » toutefois.

« Elle est trop émotive et préfère ne rien voir en direct. Même lors des premiers essais libres, suivis jeudi depuis un appartement avec vue sur le circuit, elle se cachait derrière les meubles. Elle préfère vivre les moments de piste a posteriori par GSM et SMS ».

Alors qu’à cet instant de la conversation, la sœur de Jérôme vient justement aux nouvelles par… SMS aussi (en stage au sein du Conquest Racing d’Éric Bachelart, elle était ce week-end à Indianapolis), la question brûle les lèvres :

Comment la famille a-t-elle vécu l’accession du fiston à la F1 ?
Comme une suite presque logique de sa trajectoire. Cela n’a pas (du tout) changé la vie de la famille, même si c’est évident que l’association F1-D’Ambrosio a changé certains regards sur nous. Mais c’est sa vie, son destin pas le nôtre. Et si on l’a aidé au tout début (foot et karting), il y est arrivé tout seul, notamment côté financement, dès qu’il est passé en sport auto, en s’entourant des bonnes personnes, sans qui rien n’aurait été possible. Travailleur sérieux, il a aussi très vite fait preuve d’une grande maturité, encore accentuée ces deux dernières années.
Nos émotions d’aujourd’hui, c’est une fierté comme celle de tous les parents dont les enfants réussissent quelque chose de bien, comme des examens ou que sais-je.
Quant à Jérôme, il est vigilant car cette appellation faite d’une lettre suivie d’un chiffre (F1), peut être encombrante. Quand on débarque comme lui du GP2, il faut faire très attention de ne pas être pris dans le tourbillon de la notoriété, du glamour, etc.

Mais la F1 c’est le pinacle, non ?
Sportivement, oui. C’est beaucoup plus de sérieux que tous les niveaux qu’il a connu auparavant, bien sûr. Mais restons les pieds sur terre : sans cracher dans la soupe du tout, il n’est jamais que dans une petite écurie. Donc pas de triomphalisme. D’autant qu’on peut encore s’attendre à une belle progression de la part de Jerôme. N’allez toutefois pas croire qu’il boude son plaisir : il a réussi son rêve d’enfant en devenant pilote F1. Mais l’appétit venant en mangeant, maintenant il en veut déjà plus : rouler dans une voiture capable, un jour, de lui permettre de disputer des podiums et plus.

Quel regard portez-vous sur son début de saison ?
L’important pour lui c’est d’exploiter au maximum le matériel mis à sa disposition. On avait espéré qu’il égale son équipier Glock à mi-saison. Cela a été tout de suite le cas mais Barcelone ou Monaco ont rappelé que rien n’était acquis, qu’il fallait continuellement se remettre en question. Mais il a toujours fait ça, donc pas de soucis. Je suis confiant.

Et visiblement heureux…
Oui, évidemment. Mais un peu anxieux aussi pour son futur. Et ce serait le cas même s’il était dans l’un des meilleurs teams. Car sauf exception, le second pilote d’une équipe a toujours des soucis à se faire. Massa, Webber, etc. ont tous un avenir incertain. Même si la saison de Jérôme est confirmée, en F1, rien n’est jamais acquis. Et quand bien même, ce n’est pas suffisant. Car 2012, c’est déjà demain. Il faudrait un plus gros engouement auprès de décideurs belges. Mais s’il continue à se montrer performant, je ne vois pas pourquoi mon fils ne garderait pas un volant. Croisons les doigts.¦