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Clint Eastwood s’offre une incursion dans l’au-delà

Même les cinéastes les plus talentueux peuvent connaître un coup de mou. La preuve avec« Au-delà » réalisé par Clint Eastwood.

« Notre » Cécile de France dirigée par Clint Eastwood sur un plateau de tournage ? Ce programme donne l’eau à la bouche. D‘autant plus lorsque le nom de Matt Damon vient s’ajouter à l’affiche.

Force est de constater toutefois, que le film, Au-delà, n’est en rien le chef-d’œuvre escompté. Même si l’idée de départ – raconter comment trois personnes, confrontées brutalement à la mort, vont finir par se croiser et se parler afin de guérir leurs blessures respectives – semblait séduisante. Le procédé n’avait-il pas fait ses preuves avec Babel ou Crash ?

Mais voilà à part une scène d’ouverture d’anthologie où Clint Eastwood reconstitue brillamment le tsunami de décembre 2004, le film semble bien fade.

Sur papier, l’histoire de Marcus (Frankie et George McLaren), écolier londonien, qui vit en direct la mort de son jumeau avant d’être confié aux services sociaux, avait pourtant tout le potentiel pour faire pleurer dans les chaumières. De même, le sort de Marie, journaliste française qui revient d’entre les morts, aurait pu facilement arracher quelques larmes aux plus sensibles. Que dire alors du parcours de George (Matt Damon), un authentique médium américain qui décide d’arrêter d’exploiter son don pour tenter de mener une vie à peu près normale ?

Oui, sur papier, tout cela semblait fort émouvant. Et pourtant, on peine à se laisser emporter par les personnages et les différentes épreuves qu’ils endurent. La faute n’en incombe pas aux acteurs qui signent tous là une belle prestation. Avec, en tête, les jumeaux McLaren pour qui Au-delà marque les premiers pas sur grand écran. Non, il manque au film ce petit quelque chose qui pousse les téléspectateurs à se prendre au jeu et à apprécier les protagonistes.

Les bonus – d’une durée totale d’une petite dizaine de minutes – aussi déçoivent quelque peu. Il faut en effet être « radin » pour ne proposer que trois courtes séquences. Du moins pour le format dvd. Mais heureusement, l’essentiel est là. Soit le making of de la reconstitution du tsunami de 2004. « On a regardé de vraies images de 2004, explique Stephan Trojanski, superviseur des effets visuels.Images qui provenaient souvent de caméras manuelles. Tout était plutôt flou. Notre travail était de correspondre à ces images. Mais la différence, c’est que nous sommes en haute définition. »

Cécile de France cascadeuse

Pour y arriver, l’équipe a pris le parti d’utiliser plusieurs techniques. Créant des plans 100 % numériques et tournant d’autres plans soit dans un décor naturel à Hawaï, soit dans le studio de Pinewood à Londres. Cécile de France ne manque en tout cas pas de courage puisqu’elle s’est improvisé cascadeuse pour les besoins de la séquence.

Les autres bonus s’attardent sur la personne de Clint Eastwood ainsi que sur les difficultés qu’on rencontre sur un tournage international. Tournage qui a notamment conduit le réalisateur à San Francisco, sa ville natale. ¦

« Au-delà », Warner