L’héritage allemand, infernal à jamais ?

Gunther, pilote de la Luftwaffe s’est installé en Israël. S’il ne s’est pas converti, tous ses enfants sont juifs.

Ils sont Allemands et vivent en Israël. Certains sont des descendants directs des nazis. Ils se sentent coupables ou responsables.

Retrouver le fil de l’humanité, perdu voici 70 ans. À Jérusalem, Fritz et Friedrich, deux jeunes Allemands travaillent volontairement, pour un an, au mémorial Yad Vashem. Parallèlement, ils s’occupent de vieilles personnes et d’anciens rescapés des camps nazis. Les derniers… Mais qu’est-ce qui pousse ces jeunes, nés au début des années 90 à vouloir « réparer » le mal fait par l’Allemagne au peuple juif ? « Je pense que je ne serai jamais fier d’être Allemand, explique Friedrich,même si je suis né 40 ans après. Il y a une culpabilité collective du pays, pour toujours. »

Descendants de nazis : l’héritage infernal, le docu proposé ce soir sur la Une emmène à la découverte de ces Allemands, dont certains vivent en Israël et ont parfois même adopté la religion juive.

Longuement, on suit Matthias Goering, petit-neveu de Hermann Goering, numéro deux du régime nazi. Né en 1956, il s’interroge « pourquoi suis-je né dans cette famille ? »Il vit en Suisse « l‘Allemagne, ce n‘est pas ma terre ». Longtemps athée, il a entamé un long travail de conversion. Déçu par l‘approche protestante, c’est vers le judaïsme qu’il s’est tourné. Il n’est pas le seul. Des descendants connus de dignitaires nazis comme par exemple Katrin Himmler, petite-nièce d’Heinrich Himmler, ou encore la propre petite-fille de Magda Goebbels, ont fait la même démarche.

Plus anonymes, des Allemands ont également rejoint Israël après la guerre. Certains se sont convertis au judaïsme, d’autres pas. Mais tous veulent « aider », se montrer actifs au sein d’une société et d’un pays dans lequel ils se sentent chez eux. « Je ne me suis senti chez moi nulle part ailleurs qu’ici », avoue Johan, fils d’un militant nazi et qui a fondé une famille en Galilée.

Et on découvre enfin comment, aux côtés des anciennes victimes des nazis, ces Allemands « retrouvent le fil de l’humanité »

M.F.G.

La Une, 22.55