Enseignement

Un CEB adapté dans 800 écoles

Un CEB adapté dans 800 écoles

L’adaptation du CEB est un premier pas pour que ces enfants soient reconnus et intégrés dans nos écoles.

EDA

5 à 10 % des élèves souffrent d’un trouble d’apprentissage. Tous les enfants « dys » de 6e primaire auront cette année une épreuve externe adaptée. Une première.

Près de 800 écoles ont envoyé des demandes. Des CEB imprimés uniquement recto et pas verso. Des épreuves en braille, en format A3, en corps 16 ou même 20, des questionnaires sur logiciel informatique…

Les adaptations sont multiples et parfois surprenantes. Mais les questions de l’épreuve certificative restent exactement les mêmes. Elles s’adressent aux enfants qui souffrent de difficultés d’apprentissage. La prise en compte organisée et systématique de ces spécificités est une première.

« Il y a aussi des demandes pour une pause supplémentaire, d’isolement dans une pièce ou de pouvoir être assis loin d’une fenêtre. On examine tout et on délivre les autorisations et les adaptations. Certaines demandes ont été refusées parce qu’elles étaient excessives », explique Martine Herphelin, directrice du comité de pilotage du CEB à la Communauté française. « C’est la première fois qu’on l’organise de cette manière-là. L’an prochain, on aura une liste de tout ce qui est permis. Ce sera plus simple et plus rapide pour nous comme pour les écoles. »

Les enfants « dys » étaient reconnus en Flandre, en Italie ou en France. Mais pas en Communauté française. L’adaptation du CEB n’est qu’un premier pas pour que ces enfants soient reconnus et intégrés dans nos écoles. Mais c’est un grand pas. Les enfants représentent entre 5 et 10 % de l’ensemble d’une classe, toutes difficultés confondues. C’est dire si le phénomène n’est pas mineur.

« En panne de visuel »

« Ces enfants qu’on appelle dys quelque chose sont souvent en panne au niveau visuel, par exemple, alors qu’ils maîtrisent parfaitement la matière », explique Marie Loise, logopède et coordinatrice de l’espace Diabolo.

Marie Loise s’est battue pour que le CEB soit adapté aux enfants qui présentent des difficultés d’apprentissage. Le décret lui-même a été modifié en ce sens.

« Chaque année, nous allions trouver les enseignants pour demander d’accepter des stratégies mises en place en logopédie. C’était lourd et cela dépendait du bon vouloir de l’enseignant. Ils ne comprenaient pas tous pourquoi un enfant recevait ce « privilège » »., témoigne la logopède qui est aussi institutrice primaire de formation.

La dyslexie n’est pas encore bien connue de tous les enseignants. Et on ne parle pas des autres troubles d’apprentissage, plus rares ou plus spécifiques. Dyscalculie, dysphasie, dyspraxie, dysgraphie…

Pour Marie Loise, s’adapter à ces enfants «n’est pas du favoritisme parce que l’objectif est que la matière soit maîtrisée ,pas de se conformer à une présentation. »

Le CEB adapté est donc la première étape d’une école de la réussite pour tous les enfants. Même pour ceux qui ont une autre manière d’appréhender les choses ou qui ont un handicap. « L’étape suivante sera de faire accepter ça aussi dans le secondaire », conclut Marie Loise, très enthousiaste. ¦

www.espace-diabolo.be www.apeda.be