Faux et usage de faux mais vrai plaisir

Quand un parrain de la mafia, déprimé depuis la mort de son fils, décide de s’offrir un Rembrandt, Le Christ dans la tempête sur le lac de Génésareth, nul besoin de banquer chez Sothebie’s, il se fournit directement dans un musée de Boston. Il décide dès lors de commanditer le vol auprès de Bloom et Fish et de leur en promettre cinq millions de dollars. L’un et l’autre ont passé quelques années à l’ombre, pour recel de faux tableaux. Fish les peignait, Bloom les revendait à des gogos fortunés, voir même à l’un ou l’autre musée.

Le vol se déroule sans accroc, le Rembrandt et une douzaine d’autres tableaux, Vermeer, Matisse, sont emportés. Valeur du butin : plus de 300 millions de dollars.

Petit problème pour Bloom et Fish, le parrain se fait dégommer juste avant de conclure la transaction. Voilà les deux compères dans l’obligation de trouver une alternative pour refourguer la camelote. Et c’est là que tout leur plan savamment échafaudé part en sucette…

Ce vol, à l’Isabella Stewart Gardner Museum de Boston, a effectivement eu lieu en 1990. Les tableaux volés n’ont jamais été retrouvés.

Elvin Post s’est brillamment inspiré de ce fait divers pour monter son histoire. Un zeste d’humour, une pincée de violence (pas trop, juste ce qu’il faut) et une intrigue policière finement menée. Faux et usage de faux, c’est 370 pages de véritable plaisir. Un must du polar.¦

J.D.

Elvin Post, « Faux et usage de faux », Points, 371 p., 7,50 €.