Trouver une coalition reste le nœud du problème selon le MR. Autrement, il faudra un gouvernement renforcé en septembre.

Lors de votre mission d’informateur a posé le problème de choix de partenaires. C’est toujours un problème : quels partenaires pour former un gouvernement ?

C’est le nœud. Après ma mission on a donc choisi Wouter Beke pour le résoudre. Mais cela reste. J’ai encore entendu Paul Magnette dimanche dire « on ne veut déplaire à personne ni à Écolo ni au cdH ». C’est simple. Côté francophone, le choix était fait en juillet dernier et même avant au moment des régionales. Même au moment de l’orange bleue où le cdH a voulu à tout prix ramener le PS. Mais le problème c’est qu’il n’y a pas d’accord avec la N-VA sur ce choix de partenaires.

Le choix de la N-VA, c’est le MR ?

Ils ont essayé pendant sept mois de faire un accord sans nous. Et on disait toujours qu’à cause d’Olivier Maingain (président du FDF, NDLR), avec nous, ce n’était pas possible. Au moins, la preuve est faite que sans Maingain, ce n’est pas possible non plus. Et puis, on fait souvent plus facilement les accords avec les faucons qu’avec les colombes.

On n’a pas voulu de nous parce qu’on était trop défenseurs des francophones à Bruxelles. Sur BHV, ils ont toujours dit qu’il y avait plus ou moins un accord. On n’a jamais vu quoi. J’imagine qu’il s’agissait d’abandons de droits des francophones dans la périphérie. J’ai ramené les libéraux au cœur du débat. Tout le monde n’est pas content. Mais plus personne ne remet ça en question.

Comment définir la coalition ?

En 2007, je peux clairement dire que nous avions gagné les élections…

Oui mais cette fois c’est clairement le PS…

Oui. Mais en 2007, avec Yves Leterme qui avait gagné aussi, nous avions défini d’emblée la coalition. C’était l’orange bleue. On sait ce qu’il en a été, le cdH n’en voulait pas sans le PS. Mais ici deux partis ont gagné et ils sont incapables de dire ensemble avec qui gouverner.

En Belgique, il y a deux problèmes. D’abord, le problème communautaire. Ensuite, le clivage socio-économique gauche-droite. Au MR, on est plutôt au centre-droit. Et je constate que nous sommes assez vite d’accord avec la Flandre démocratique. Y compris avec le sp.a qui est plutôt centre-droit.

On a vu ce que ça donnait avec le vote contre le regroupement familial. Le MR a voté avec la N-VA.

On n’a pas voté avec la N-VA mais avec le CD & V, l’Open-VLD, le sp.a.

Le regroupement familial fait débat au MR. Justement Olivier Maingain n’est pas d’accord…

Pas sur le vote. Sur l’expression.

Sur l’expression ?

Oui. Chacun dit ce qu’il veut. On est libre de s’exprimer dans mon parti.

Et vous êtes pour cette loi qui restreint le regroupement familial, vous ?

Absolument. Il est dommage de passer par une discrimination entre Belge et européen. Mais l’objectif est là : limiter l’afflux de l’immigration par ce canal. Nous sommes proches du sp.a sur ces questions. Ils sont d’ailleurs aussi contre les taxes, comme nous. On paie encore trop d’impôts trop vite en Belgique.

Le MR est donc proche des Flamands, c’est ça ?

Ce n’est pas qu’on soit proches des Flamands. C’est que sur l’échiquier, le MR est pratiquement au milieu. Du sp.a à la N-VA, ils sont tous sur notre ligne ou à notre droite. Le monde francophone, lui, est tout à fait à notre gauche.

Les francophones sont ceux qui défendent le plus la Belgique. Et ils ne tiennent pas compte de la réalité politique belge. Nous avons un microcosme francophone qui s’est organisé dans l’Olivier sur un axe gauche. Et le PS est lui-même régulièrement débordé par le cdH et Écolo sur sa gauche.

Elio Di Rupo va-t-il réussir à former un gouvernement ? Ou vous n’y croyez plus ?

Moi je respecte les fonctions désignées par le Roi. On doit tout faire pour que le formateur réussisse. Mais il n’est pas désobligeant de dire que Monsieur Di Rupo fait toujours un travail d’informateur. Tôt ou tard, on va tomber sur le