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Cannes : l’Iran défend… Lars Von Trier

Cannes : l’Iran défend… Lars Von Trier

Lars Von Trier s’est trouvé un étonnant avocat en la présence de Javad Shamaqdari, sous-ministre de la Culture iranien.

Associated Press / Reporters

C’est le monde à l’envers : l’Iran, par la voix de son sous-ministre de la Culture, a envoyé une lettre à Gilles Jacob pour défendre Lars Von Trier après son exclusion du festival de Cannes.

Nous ne sommes même pas un premier avril. Alors que le festival de Cannes est clôturé depuis maintenant trois jours, la polémique autour de Lars Von Trier et de ses déclarations pour le moins maladroites à propos d’Adolf Hitler et d’Israël continue de faire parler d’elle.

Au nom de la… liberté d’expression

Énième rebondissement hier avec la lettre envoyée par le… sous-ministre de la Culture iranien à Gilles Jacob, le président du festival. Dans celle-ci, Javad Shamaqdari défend le réalisateur scandinave et va jusqu’à qualifier de « fasciste » le comportement des organisateurs cannois : « Après 64 années d’existence, il est triste de voir les traces d’un comportement fasciste dans la décision des organisateurs de Cannes d’exclure l’un des cinéastes européens les plus acclamés… »

Plus loin encore, Shamaqdari estime qu’il « est peut-être nécessaire d’inscrire une nouvelle définition de la liberté d’expression dans les encyclopédies : la réaction de Cannes envers Von Trier, le forçant à s’excuser à plusieurs reprises, rappelle le traitement médiéval de Gallilée par l’Église… Le festival de Cannes a laissé une tâche sombre dans son histoire.»

En attendant, Panahi…

Une réaction tardive mais assez savoureuse quand on connaît la politique répressive prônée par l’Iran d’Ahmadinejad envers ses cinéastes : Jafar Panahi, pour ne prendre que lui, avait ainsi été interdit de se rendre en 2010 au festival de Berlin, où il était invité d’honneur, puis précisément au festival de Cannes, où il devait faire partie du jury officiel. Empêché de quitter le pays, il avait été arrêté le 1er mars 2010 et seulement relâché, sous caution, le 25 mai 2010. En décembre, il était cette fois condamné à six ans de prison « pour participation à des rassemblements et pour propagande contre le régime». En fait d’avoir participé aux manifestations contre le régime en place, en juin 2009. Il n’a, en outre, pas le droit de quitter le territoire iranien pendant vingt ans ni… de réaliser de film.

Pas certain que de sa résidence, où il est actuellement consigné dans l’attente de son emprisonnement, Jafar Panahi goûte la sortie d’un sous-ministre qui, plus que jamais, porte bien son titre.¦