Se prémunir face à l’inimaginable

Le porte-parole d’Electrabel pour le site nucléaire de Tihange.

EdA

Jean-Jacques Pleyers, est-il vrai que l’idée de la mise sous coffrage de la centrale nucléaire de Tihange fait partie des réflexions dans le cadre du « stress-test » ?

Je n’ai jamais entendu parler d’un coffrage. Mais la construction d’un mur avec de solides fondations pour réagir aux inondations exceptionnelles, ça oui. Peut-être y a-t-il eu confusion avec le caractère costaud du mur en question.

La prise en compte d’un risque d’inondation, c’est nouveau ?

Non. On avait même déjà une certaine avance à ce niveau dans les projets liés au programme de prolongation de l’activité des centrales nucléaires. Et l’Agence fédérale de contrôle nucléaire prévoyait déjà cela dans la révision décennale de sûreté.

L’incident à Fukushima aurait-il conduit à une augmentation des exigences qui vous sont recommandées au niveau de la sécurité ?

Le cahier des charges soumis par l’AFCN fait, en effet, apparaître de nouveaux paramètres pour élever encore davantage le niveau de sécurité des sites nucléaires. L’Union européenne veut tout simplement des apaisements et a exigé ce « stress-test » une quinzaine de jours après l’incident au Japon. Il s’agit d’analyses scientifiques sur une série d’équipements et de dispositifs. Notre cahier de charges définitif est quasi terminé.

La pression est réelle…

Les délais imposés pour rendre le rapport sont assez courts. Mais, on est confiant vu ce qu’on a consenti comme investissements sur notre site, en 30 années. Toutes ces analyses de résistance en tout type de circonstances doivent nous permettre d’avoir une marge de garantie supplémentaire. Encore une fois, on doit se prémunir face à l’inimaginable. ¦ F.R.