CYCLISMETour de Belgique

Gilbert : "Il n’y a plus de respect"

Gilbert : "Il n’y a plus de respect"

Belga

Gilbert regrette le choix d‘organisateurs qui jouent la surenchère dans la dureté des courses… sans viser ceux de ce Tour de Belgique, qui s’élance.

Philippe Gilbert, vous reprenez ce mercredi sur le Tour de Belgique, après une interruption d’un mois. Durant cette période, qu’avez-vous fait ?

Depuis la fin des classiques, j’ai pris une semaine de repos. Six à sept jours durant lesquels j’ai été à Copenhague reconnaître le parcours du Mondial, mais je n’y ai roulé que deux heures, ce qui ne représente rien du tout ! Je n’avais pas vraiment besoin de cette période de repos, car je ne me sentais pas fatigué. Mais si je veux avoir un autre pic de forme au Tour de France, c’était nécessaire de couper, de me reposer. Durant cette période, je suis resté chez moi, à Monaco, ce qui m’a fait du bien mentalement, car depuis janvier, j’étais constamment parti durant trois mois. Mais j’ai bien travaillé. Je suis dans le bon schéma en vue du Tour de France.

Durant cette période de repos, avez-vous réalisé l’ampleur de vos victoires du printemps ?

J’en suis bien évidemment content. Mais de nombreux anciens coureurs m’ont confirmé que c’est après la carrière qu’on se rend vraiment compte de ses victoires. Pendant, on est trop concentré.

Comme vous l’êtes sur vos prochains objectifs, dont le Tour de France…

Le but de ce Tour de Belgique, tout comme le Ster Elektrotoer, c’est de retrouver des sensations, de venir chercher du rythme, une cadence plus élevée qu’à l’entraînement, même si j’ai bien travaillé ces dernières semaines. Ces épreuves doivent me servir pour être à 100 % pour le début du Tour de France, où plusieurs étapes me conviennent. Mais si, ces prochains jours, je peux gagner, ce dont j’ai toujours envie, je ne me priverai pas.

Notamment sur cette étape reine du Tour de Belgique, samedi, avec le Mur de Huy et la trilogie Wanne, Stockeu, Haute Levée…

Cette étape promet d’être dure, mais ce n’est pas non plus Liège-Bastogne-Liège. Et le niveau du peloton est aussi bien moins élevé, avec, plusieurs formations de divisions 2 et 3. Mais on est la meilleure équipe de Belgique, et, sur le tour de national, on se doit d’être là. On sera complet, avec Greipel qui peut jouer les sprints et moi pour les étapes plus dures. Dans l’esprit des gens, c’est devenu normal que je gagne. Mais ce n’est pas toujours possible, cela dépend de nombreuses circonstances.

Qu’attendez-vous du prologue de ce mercredi ?

Avec le prologue, on peut s’attendre à tout en fonction des conditions météos, qui peuvent changer très vite, notamment au niveau du vent, en une demi-heure de temps. Si un coureur subit par exemple une averse et pas les autres, c’est fini pour lui.

Pourquoi disputer le Tour de Belgique et le Ster Elektrotoer à la place d’épreuves comme le Dauphiné Libéré et le Tour de Suisse ?

Je préfère ce programme, avec des courses moins importantes que celles du Pro Tour. À ce niveau, cela devient de la surenchère, et c’est impossible de toutes les faire. On est obligé de faire un choix. Chaque organisateur veut que son épreuve soit la plus dure, la plus longue, la plus spectaculaire. À ce titre, je trouve qu’il n’y a plus de respect pour les coureurs. Regardez le Giro. C’est de la folie, tout simplement… À croire que les organisateurs font tout pour qu’il y ait du dopage… Je préfère reprendre par une plus petite course, sur laquelle je vais éprouver du plaisir, la disputer à fond sans aller loin dans mes ressources. Et puis, c’est important aussi d’évoluer au pays, dans des régions que je connais bien. ¦