Roger Waters se produira ces vendredi et samedi à Anvers pour y jouer « The Wall ». Album mythique de Pink Floyd, « Le Mur » draine toujours les foules.

« We don’t need no education. We don’t need no thought control… » (« Nous n’avons pas besoin d’éducation. Nous n’avons pas besoin de contrôle de pensée. ») Vous aurez sans doute reconnu ces paroles extraites de The Wall, célèbre album de Pink Floyd paru en 1979.

Ces vendredi et samedi, au Sportpaleis d’Anvers, plus de 30 000 personnes au total devraient reprendre en chœur ce refrain entré dans l’histoire du rock. Ainsi que d’autres morceaux d’anthologie, tels que Hey Youou Comfortably Numb. Car pour deux soirs, Roger Waters, l’ancien leader du Floyd, va refaire le mur sur scène. Un challenge gigantesque pour le chanteur de bientôt 68 ans, qui s’était jusque-là toujours refusé à se lancer dans une tournée marathon avec un spectacle qui critique de manière acerbe le monde du rock et les dérives auquel le phénomène de rock star peut mener.

Pink Floyd détesté par les punks

Pour bien comprendre ce refus, il faut revenir quelques années en arrière. Quand Pink Floyd publie The Wall en 1979, nous sommes en pleine période punk. Les No Futurefleurissent sur les murs. Du groupe psychédélique et expérimental du début, Pink Floyd est passé au statut de dinosaure du rock. Les albums The Dark Side of The Moon(1973) et – dans une moindre mesure – Wish You Where Here (1975) et Animals (1977) – ont permis de toucher un public plus large, grâce à des mégaconcerts aux light shows époustouflants. Pink Floyd représente tout ce que les punks détestent. Pourtant, Waters – qui a, petit à petit, pris le leadership sur le groupe après le départ de Syd Barrett, le cerveau grillé par l’acide – n’a de cesse de critiquer la société. Et malgré le succès commercial et critique rencontré à la sortie de l’album, il refuse de se produire dans des grands stades. Ce ne sera que le énième désaccord entre Waters et le reste du groupe (David Gilmour, Nick Mason, Rick Wright) qui – additionné à d’autres mésententes – mènera au clash final après un dernier opus au titre prémonitoire (The Final Cut) qui sortira en 1983, et que Waters écrira en solo de bout en bout.

The Wallne sera donc joué que 31 fois lors de la tournée du groupe en 1980 et 1981, essentiellement à New York et Los Angeles. Il y eut encore une représentation le 21 juillet 1990 à Berlin, pour célébrer - avec un brin d’avance – l’anniversaire de la chute du mur. Une prestation un peu chaotique que Waters donnera entouré de Van Morrison, Scorpions, Sinead O’Connor, Cindy Lauper et Brian Adams.

Vingt ans plus tard, Roger Waters est donc de retour sur scène avec ce spectacle pour lequel il s’est lancé dans une tournée de deux ans et de plus de 100 dates (!) à travers le monde. Une tournée sold-out quasi partout, et qui a rapporté 24,5 millions de dollars à Waters en 2010.

Surprise, il y a quelques jours à Londres, David Gilmour et Nick Mason sont même venus sur scène pour l’accompagner sur deux morceaux. De quoi relancer les spéculations sur une éventuelle reformation qui n’arrivera sans doute jamais – surtout depuis le décès de Rick Wright en 2008 – mais qui continue de faire rêver des milliers de fans à travers le monde.¦