La guerre des gangs de motards

Les bandes de motards sont plus organisées que ce que l’on pourrait croire au premier coup d’œil.

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Meurtres, trafics, rackets,… Les gangs de motards qui ne reculent devant rien,ce n’est pas seulement au cinéma. C’est aussien Belgique…

Revenus sur le devant de la scène depuis la mort suspecte de trois « Outlaws », les gangs de motards inspirent la crainte partout où ils passent. Très connus aux États-Unis où ils sont apparus pour la première fois juste après la deuxième guerre mondiale, ces bandes organisées ont aussi développé leurs activités criminelles en Belgique. Trafic de drogues et d’armes, prostitution, extorsion,… Tout est bon pour faire de l’argent. Une criminalité certes marginale mais qui interpelle. Si bien qu’une cellule spéciale a été créée au sein de la police fédérale.

Sur le qui-vive depuis le triple meurtre de ce week-end, la cellule spéciale « motards » communique avec beaucoup de prudence. « On compte sur notre territoire quatre grandes bandes criminelles de motards actives, avec des ramifications internationales : Hells Angels, Outlaws, Bandidos et Blue Angels. Ces organisations ont développé une vaste structure de « bandes de motards de soutien » qui font souvent le boulot pour les « grands » ou qui servent de viviers pour les futurs recrutements. » Très présents à Anvers, Gand, Liège et Bruxelles notamment à cause de la promiscuité de ces villes avec le marché des stupéfiants néerlandais, les « bikers » appartenant à ces quatre gangs seraient près de 500. En tout, 29 sections sillonneraient la Belgique. Une « surpopulation criminelle qui entraîne inévitablement des tensions » explique le criminologue Étienne Codron. Tensions ressenties à l’intérieur même des véritables clubs de motards.

« 1 % motard, 99 % criminel »

Sous couvert d’anonymat par peur de représailles, le président d’un club wallon de passionnés avoue ne pas être étonné des faits qui se sont déroulés en Flandres. « Dans le milieu des motards, tout le monde sait que ces gens existent, explique le « biker » de 52 ans. Ce ne sont que des motards de nom. On a beau avoir un look similaire avec des vestes en cuir, leur but à eux n’est pas de prendre du plaisir à rouler comme nous le faisons par exemple. Pour eux, l’objectif principal, c’est de faire de l’argent avec du trafic d’armes ou de drogues. Mais bon, ce n’est pas nouveau non plus ce phénomène. Depuis 40 ans, ça existe les bagarres entre clans rivaux.Mais je ne vous en dirai pas plus, il faut se montrer prudent.» Signe que ces véritables « familles » de motards inspirent la peur.

Preuve supplémentaire de la crainte que suscitent ces quatre bandes organisées, la démission, en 2004, d’un officier de police. Chargé de la lutte contre les gangs de motards, l’agent avait préféré quitter son poste après que sa famille ait été menacée.¦