Malisse va retrouver Verdasco

Xavier Malisse s’est encore mis trop de pression, a connu des hauts et des bas, mais il a su s’arracher en cinq sets.

Belga

Xavier Malisse est finalement venu à bout du coriace Dmitry Tursunov en cinq sets, mais sans jouer aussi bien qu’il l’espérait.

La veille, on avait assisté à une drôle de scène. Le Russe Dmitry Tursunov, appelé à affronter Xavier Malisse au premier tour, s’apprêtait à s’entraîner juste après Wickmayer, sur un court jouxtant celui où Rochus finissait un premier set gagnant sous de vibrants « Oli Oli » dignes de la Coupe Davis. « Qu’est-ce qui se passe ? », s’en allait-il. « Ce sont les Belges », lui fut-il répondu. « Et ce sera comme ça demain aussi ? J’aime pas ça », grimaça-t-il.

Sous la pression… de ses propres supporters

Le problème, c’est que Xavier Malisse, lui, aime ça, et dit même jouer pour ce genre d’ambiance, mais qu’il se met alors, lui-même, une pression invraisemblable. Il a beau vieillir, avoir l’air cool extérieurement, et savoir de quoi il retourne, il y échappe difficilement : « Les gens viennent, et c’est super-amusant, le court est littéralement habité par les Belges qui ne me mettent pas la pression, je me la mets tout seul. Le paradoxe veut que je joue parfois mieux à Madrid où je ne connais personne que dans une atmosphère que j’adore et où tout le monde a envie de me faire fête. C’est comme ça, je n’y peux rien. »

Est-ce cela, ou autre chose, toujours est-il que, s’il a fini par s’imposer, Xavier n’a pas joué le tennis qu’il espérait, celui qu’il pratiquait à l’entraînement ces derniers jours. « Pour une fois, je suis quand même content de l’avoir battu en cinq sets, en 2008 en Australie c’est lui qui m’avait éliminé au premier tour, souriait-il, j’ai alterné le bon et le moins bon, mais c’est aussi quelqu’un de difficile à jouer, avec lui les balles vont très vite. Même si j’ai perdu le quatrième set, j’ai bien senti que je pouvais y arriver au cinquième, réussir le break d’entrée m’a bien aidé. »

Il a même eu ensuite un véritable coup de génie, à montrer au résumé télévisé du soir, pour empêcher Tursunov de s’octroyer trois balles de contre-break à 3-0, 0-40. Une volée entre les jambes qui a tellement surpris le Russe que ce dernier a placé ensuite son passing dans le filet. « Je suis parti trop vite à la volée, je ne savais plus quoi faire, alors j’ai tenté ça, il faut avoir un peu de chance », souriait-il.

Un peu de chance, il lui en faudra sûrement au tour suivant face à Fernando Verdasco, qui l’avait largement dominé en Coupe Davis à Charleroi. Ce jour-là, déjà, Xavier avait été décevant devant son public.

« Contre Tursunov, c’était un match à gagner, là au moins je n’aurai rien à perdre, le spécialiste c’est Verdasco. Même si ses balles de gaucher sont lourdes, avec beaucoup de spin, je devrai avancer dans le terrain, et tout simplement mieux servir, faire moins de fautes pour avoir unechance. » ¦ C.C.