Tout va bien (air connu)

EdA

Si les prévisions des agences de notation ne servent pas à grand-chose, elles ont au moins un mérite : rappeler que « les fondamentaux de la Belgique sont bons ». C’est tellement automatique et répétitif que c’en est presque devenu amusant. Chaque fois que Standard & Poor’s ou Fitch se penche sur la table d’opération où se joue la survie du pays, chacun y va de ses commentaires réconfortants. «N’ayez crainte, nous faisons mieux que les objectifs européens », « de toute façon, ce n’est pas une baisse de notation, ce n’est qu’un avertissement », « la Belgique travaille efficacement à la réduction de son déficit public », entonnent, en chœur, MM. Leterme, Reynders et Di Rupo.

Tout au plus glissent-ils un bémol : « Évidemment, ce serait mieux s’il y avait un gouvernement de plein exercice ». Mais bon, on fait avec ce que l’on a, n’est-ce pas, et, ma foi, cela ne va pas trop mal…

Ce genre de commentaire répond à un double objectif : d’une part, rassurer l’opinion publique sur l’état d’une Belgique décousue, intubée et placée sous monitoring qui gît depuis près d’un an dans la salle d’opération. D’autre part, calmer les marchés financiers qui réagiraient au quart de tour si, d’aventure, les dirigeants de ce pays affichaient un brin de perplexité. Avec une conséquence immédiate, l’augmentation des taux d’intérêt pour les obligations émises par l’État fédéral.

Mais au pays du consensus rassurant et responsable, il existe malgré tout un trouble-fête. Comme par hasard, la N-VA y va aussi de son petit couplet et en profite pour rappeler qu’il est urgent de mener les réformes nécessaires et que c’est le maintien du statu quo qui tire les agences de notation vers le bas. Avec un message double, également, vers l’opinion publique intérieure (flamande) et vers les opérateurs étrangers.

Une conclusion ? Que le diagnostic vital soit critique ou favorable, pour la vieille dame étendue sur la table, les positions des enfants demeurent irrémédiablement inconciliables.