Finances

Dette : la Belgique n’est pas la Grèce

Dette : la Belgique n’est pas la Grèce

« La Grèce n’est pas à vendre » ont rappelé mardi des manifestants devant le parlement.

AFP

Alors que la Grèce peine à restructurer ses finances, la Belgique est menacée par les agences de notation. Même s’il s’agit surtout d’un message.

La crise financière de 2008 a laissé des traces dans les comptes publics de beaucoup d’états, spécialement en Europe du sud. À tel point que les investisseurs s’inquiètent de la santé financière de plusieurs pays. À commencer par la Grèce. mais pas seulement. La Belgique aussi est sous surveillance.

1. L’avertissement à la Belgique La nouvelle est tombée lundi. L‘agence de notation Fitch Ratings a abaissé de « stable » à « négative » la perspective de notation de la Belgique. C’est grave docteur ?

Pas vraiment, répond l’économiste de chez ING Oscar Bernal. Car l’avertissement de Fitch n’a rien de nouveau. Une autre agence de notation, Standard & Poors avait déjà fait de même quelques mois plus tôt. « Les raisons sont les mêmes. Même si les fondamentaux sont solides, il existe des inquiétudes quant au fait que les incertitudes du futur ne sont pas prises à bras-le-corps », décrypte le spécialiste.

En d’autres termes, l’économie tourne bien et les perspectives économiques sont bonnes pour le moment. Mais l’avenir s’annonce difficile. Pour deux raisons, déjà maintes fois évoquées.

La dette belge reste astronomique (pas loin de 100 % du PIB). Or, «il faut la ramener vers les critères de Maastricht (60 % du PIB, NDLR) ». Ensuite, «il y a le problème du vieillissement de la population qui va mettre sous pression les finances publiques. Il va falloir dégager des ressources. Or, il n’y a pas de gouvernement de plein exercice. Les mesures ne sont pas prises. »

L’avertissement de Fitch sonne donc comme un avertissement envers nos politiques pour qu’ils trouvent, après plus d’un an de crise politique, enfin un accord et prennent les mesures socio-économiques qui s’imposent.

2. La réponse des politiques Hier, les marchés n’ont pas vraiment réagi à l’avertissement de Fitch à l’égard de la Belgique. Les taux d’emprunt à long terme sont restés stables pour notre pays. Et du côté des politiques, on relativisait surtout la portée de cette annonce. Tant du côté du ministre des Finances Didier Reynders que du côté du Premier ministre Yves Leterme, on rappelait la nécessité de former au plus vite un gouvernement. Mais on rappelait aussi que la Belgique n’est pas la Grèce.

3. La menace grecque La Grèce justement continue de peser sur les marchés. C’est qu’une restructuration de la dette hellénique parait chaque jour un peu plus inéluctable. Le pays s’enfonce dans la récession et la dette publique augmente chaque jour un peu plus. Et les mesures d’austérité ne vont pas aider le pays à redresser la tête. Dans l’immédiat du moins selon M. Bernal.

« Le seul moyen pour la Grèce d‘éviter un défaut de paiement, c‘est de mettre en place des mesures d’austérité. Soit on diminue les dépenses, soit on augmente les recettes. Ou on fait les deux. » Problème, en dépensant moins ou en taxant plus, le gouvernement grec pèse sur l’économie.

Il s’agit, selon l’économiste, d’un « pari ». «La période de purge ne va durer qu’un certain temps pour permettre ensuite une croissance beaucoup plus saine. » Toute la question reste de savoir quand la Grèce sortira de la récession. Et ça, personne ne peut le dire.

De plus en plus de voix par contre annoncent d’ores et déjà qu’une restructuration de la dette sera inévitable. Le tout sera de faire en sorte qu’elle soit soutenable pour le système bancaire sans quoi, un nouveau crash, comparable à celui de 2008, n’est pas à exclure.¦