Roland garrosSimple dames

Yanina comme si de rien n’était

Comme l’an dernier, Yanina Wickmayer a relevé l’« impossible challenge ».Non seulement elle était au rendez-vous, mais elle a gagné en deux sets.

À ceux, dont nous étions, qui ont douté longtemps du bien-fondé de la participation de Wickmayer, dos bloqué jeudi dernier à Bruxelles, à cette édition de Roland Garros cinq jours plus tard, Yanina a de nouveau apporté un démenti cinglant. Exactement comme l’an dernier à pareille époque, lorsqu’elle avait défié les augures médicaux après une opération au coude deux semaines à peine avant le rendez-vous parisien.

Honnêtement, hier sur le court, il fallait être au courant comme nous le sommes pour se douter de quelque chose, surtout lors d’un premier set au cours duquel notre compatriote a infligé une roue de bicyclette (6-0) à la malheureuse Roumaine Niculescu pourtant 44e mondiale. Un standing dont la prénommée Monica ne s’est guère prévalue, il est vrai, avec cette particularité unique de frapper tous ses coups droits slicés :

« Un jeu bizarre, avec beaucoup de balles hautes, elle ne donne pas de rythme, il faut toujours attaquer parce qu’elle ne le fait jamais, elle vous embrouille,résume Yanina. Je me suis heureusement sentie assez en confiance et relativement relâchée, peu stressée, c’était mieux pour mon dos. 31 coups gagnants en 1 h 11, ce n’est pas mal !

J’ai pris des antidouleurs avant de jouer, pour être sûre, et ce sera encore le cas durant quelques jours, c’est parfois encore un peu problématique au service ou sur les revers hauts, mais une fois sur le court j’ai essayé de faire le vide, d’être sereine et concentrée, et j’y suis parvenue. Je n’ai connu qu’une baisse de régime en début de deuxième set, menée 2-0, mais j’ai vite réagi. »

Si elle vient de se séparer de son énième coach, Yanina est peut-être, et paradoxalement, la joueuse la plus entourée de tout le tournoi, suivie par deux entraîneurs de la fédération flamande qui lui sont proches (Ann Devries, Michiel Anthuenis), ainsi que par le kiné Marc Lievens venu tout spécialement lui bichonner le dos.

Si on ajoute l’invraisemblable volonté et le caractère hyper-professionnel de la demoiselle, on peut la penser capable de réussir au moins aussi bien qu’il y a douze mois. Jusqu’à une possible confrontation avec Maria Sharapova en 1/8es de finale, sa tâche ne paraît en effet pas insurmontable, avec au prochain tour la Japonaise Ayumi Morita (WTA 47), tombeuse 6-2, 4-6, 7-5 de la Française Mladenovic (WTA 268), puis, en principe, Agnieszka Radwanska, Sania Mirza ou Kristina Barrois.

« Je n’ai pas vu le match de Morita ici, elle jouait en même temps que moi, mais je me suis entraînée avec elle à Bruxelles, elle n’est pas grande (1 m 64), elle frappe fort, et ce n’est pas une grande serveuse, je devrai attaquer sa 2e balle comme aujourd’hui, elle peut très bien jouer, et puis beaucoup moins bien, cela dépend aussi du tennis qu’elle a en face. »¦C.C

C.C.