Aucune preuve n’existe de l’efficacité de l’homéopathie. Le diagnostic est signé du Centre fédéral d’expertise des soins de santé

Le propos, précise la préface du document, n’est pas de« vouloir modifier les convictions de ceux qui croient » aux vertus de l’homéopathie. Mais le quatrième rapport établi par le Centre fédéral d’expertise de soins de santé, à la demande de la ministre fédérale, Laurette Onkelinx (PS), pour évaluer les quatre thérapies non conventionnelles encadrées par la « loi Colla » depuis 1999 – acupuncture, chiropraxie, ostéopathie, et homéopathie – n’en est pas moins assassin pour cette dernière. La médecine alternative « qui ressemble le plus à la médecine générale, parce qu’elle est pratiquée surtout par des médecins, et parce qu’elle s’intéresse à une large gamme de problèmes de santé », y ressemble aussi « le moins, parce qu’elle ne peut se targuer d’absolument aucun résultat démontré, contrairement aux autres médecines non conventionnelles, qui engrangent quand même des points dans certaines pathologies ».

Effet placébo

L’étude porte sur la pratique de l’homéopathie. Pas sur les remèdes, agréés comme tels, pour être vendus en pharmacie comme médicaments, par l’Agence fédérale du médicament et des produits de santé « qui vérifiera si des critères de qualité suffisants sont remplis, sans que l’efficacité du produit ou sa nocivité éventuelle soit évaluée (… ) si son taux de dilution est tel que l’innocuité du médicament est garantie ».

Et, pose l’organe officiel, « d’un point de vue purement clinique, force est de constater l’absence de preuves valables, basées sur des données probantes de l’efficacité de l’homéopathie, au-delà de l’effet placébo ».

Les thérapeutes« se fondent (en effet) sur leurs expériences subjectives et la satisfaction des patients pour attester de la réussite de leurs traitements ». Mais, insiste le rapport, « la satisfaction n’est aucunement un gage d’efficacité au sens strict, pas plus que de sécurité ».

L’homéopathie n’est donc envisagée que comme « médecine de soutien », permettant de répondre « à la demande de patients en quête d’une médecine différente ».

L’homéopathie ne peut être utilisée que « de manière complémentaire ou en alternative à un traitement médical conventionnel » pose le Centre fédéral d’expertise de soins. Raison, pour lui, d’en réserver l’exercice à des praticiens disposant « de connaissances médicales en matière de diagnostic et de traitement conventionnels »