Le plan du cdH: créer 560 000 emplois en dix ans

Le plan du cdH: créer 560 000 emplois en dix ans

Joëlle Milquet a chaussé ses lunettes pour exposer les chiffres du plan socio-économique du cdH.

Belga

Pousser à fond la création d’emploi. C’est le plan socio-économique que le cdH propose comme compromis pour le futur (hypothétique) gouvernement.

À la rue des Deux Églises, on a convoqué la presse pour présenter un dossier complet sur son plan socio-économique. « Un travail d’aide à la formation », souligne la présidente du cdH. Une présentation réalisée une semaine avant l’entrevue des humanistes avec le formateur. Joëlle Milquet est flanquée du secrétaire d’État au budget, Melchior Wathelet et de la députée Catherine Fonck. Mot d’ordre : la clé budgétaire est dans l’emploi.

Le cdH prône une création massive et nette d’emplois : 230 000 emplois d’ici 2 015 et 560 000 emplois d’ici à 2020. À politique inchangée, 190 000 emplois seront créés en Belgique entre 2012 et 2015. Le cdH pose un tabou absolu : aucune charge supplémentaire sur le travail et un pouvoir d’achat intact.

Comment créer des emplois supplémentaires ? Par une réforme fiscale ciblée pour rendre le travail plus attractif. La quotité forfaitaire exonérée d’impôt serait augmentée progressivement pour atteindre le revenu d’intégration sociale, soit 9 060 euros. Le parti souhaite d’autre part réduire les cotisations patronales sur les salaires les plus bas. Les cotisations sociales payées au niveau du salaire minimum passeraient de 16,1 % à 5 %. Les deux mesures permettraient de créer environ 50 000 emplois.

Voilà ce qu’il faut faire « si ce gouvernement pouvait voir le jour et c’est encore très incertain », glisse d’emblée Joëlle Milquet. L’objectif est connu. Il faut dénicher 20 milliards d’euros d’ici à 2015 pour revenir à l’équilibre. L’Europe a posé une exigence ferme.

« Oui nous sommes tirés par l’Allemagne et les perspectives sont bonnes, analyse Melchior Wathelet. Mais il ne faut pas se reposer sur nos lauriers. C’est le moment d’investir dans le futur, donc dans l’humain, donc dans l’emploi. » Et d’ajouter qu’on ne peut pas attendre. Le cdH estime offrir un véritable compromis et non une solution partisane. Car si les uns diront qu’il faut réduire les dépenses et les autres augmenter les rentrées, les humanistes proposent une solution qui combine les deux. « Seule solution pragmatique », estime Wathelet.

Comment ? En harmonisant le précompte mobilier, en taxant les plus values spéculatives ou en intensifiant la lutte contre la fraude fiscale et sociale. Le cdH prône aussi le non-remplacement d’une partie des fonctionnaires qui partent à la retraite.

Le cdH jouait hier sa carte de parti bien au centre, faisant la synthèse entre la droite et la gauche. Cette option séduira-t-elle le formateur et les huit autres partis ? Et au-delà, comment les autres partis jugent -ils cette sortie ? Ici on disait que chacun présente ce qu’il veut, l’heure est à la transparence comme l’a annoncé le formateur. Là on ironise en disant qu’il s’agit de l‘hyper communication d’un parti catastrophé par ses mauvais résultats dans les derniers sondages. ¦