L’histoire de Natacha semble incroyable et pourtant, elle est vraie puisque Ryanair confirme ses méthodes de dépistage anti-drogues (lire par ailleurs).

Au département « Humanisation du travail » du SPF Emploi, Karel van Damme, médecin du travail n’en revient pas.

« C’est totalement inadmissible ! D’autant plus si c’est une infirmière irlandaise qui vient faire les tests. Même un médecin du travail devrait être extrêmement prudent et en tout cas il ne peut pas donner les résultats à l’employeur ! Et je ne vous parle même pas de la méthode. Couper des cheveux, c’est impensable… ».

Pour le docteur Van Damme, c’est clair : ce que fait supposément Ryanair à Charleroi est totalement illégal.

« Même si les employés dépendent du droit irlandais, de tels tests ne peuvent avoir lieu sur le territoire belge. Le contrôle systématique de drogue ne peut pas se faire. Si contrôle il y a, il doit se faire dans le cadre de la CCT 100 qui s’occupe des abus d’alcool et de drogue au travail. Donc dans des conditions très strictes. Le médecin du travail doit avoir de très bonnes raisons pour opérer un test et ça se fait extrêmement rarement. Il faut qu’il ait un sérieux doute sur l’aptitude d’un travailleur à faire son boulot. Et le test ne pourra porter que sur cette aptitude. Je le répète, il ne pourra pas donner les résultats à l’employeur. Mais simplement dire si l’employé est apte ou pas au travail. Le médecin du travail ne peut pas jouer le rôle de policier de l’employeur. Sinon le lien de confiance est rompu avec les employés. Il est là pour les défendre ».

Permis en Irlande si…

Problème pour Natacha : le droit irlandais donne la possibilité aux entreprises d’inclure dans les contrats de travail la possibilité de réaliser des tests de dépistage de drogue par des personnes agréées. Le tout est évidemment de savoir si l’infirmière dépêchée à Charleroi est agréée ou pas.

En revanche, plainte peut être déposée auprès des autorités belges qui peuvent dresser un PV à l’encontre de Ryanair pour infraction à la loi belge, puisque de tels tests ne peuvent être réalisés sur notre sol. La procédure juridique suivrait alors son cours et Ryanair pourrait se voir contraint de stopper ses tests… qu’il pourrait vraisemblablement poursuivre en Irlande.

Par contre, si Natacha portait plainte en Irlande, le juge irlandais ne serait pas tenu par l’interdiction belge. Refuser de subir le test en Belgique ne devrait donc théoriquement pas lui épargner des sanctions par son employeur qui seraient potentiellement considérées comme légales au pays de la Saint Patrick. ¦