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Pas de chanson en français ou en flamand dans le métro

Lundi, Born this Way, le dernier album de Lady Gaga passait en boucle dans toutes les stations de métro de Bruxelles, en avant-première. Idem à Anvers, même si on en a moins parlé.

Il y a un peu plus d’un an, la Stib avait déjà tenté une opération de ce genre, sur le même public cible (les jeunes) avec un album de Kings of Leon. Moins polémique que Lady Gaga.

Mais on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre, s’est-on dit à la Stib. «L’objectif est de séduire un public jeune, d’induire l’idée que c’est smart de prendre le métro», explique Françoise Ledune, porte-parole de la Stib.

Beaucoup de réactions positives, manifestement. Hormis un parlementaire, ému par cette option musicale. Et puis quelques usagers qui auraient préféré du classique.

Du classique ? « On nous a reproché de chasser les jeunes »

Précisément, le classique fait partie du menu quotidien. De 21 heures à minuit, la programmation bascule sur Bach, Brahms ou Chopin. Dans les couloirs du métro, c’est comme ça que ça se passe. Ce qui n’empêche pas les critiques : quand il a été décidé de diffuser du classique, «on nous a reproché de vouloir chasser les jeunes, parce qu’ils n’aiment pas ce genre de musique », poursuit Françoise Ledune.

Selon la Stib, il n’est pas question de ça. Simplement, le classique se fond plus étroitement au décor de la soirée. « On a davantage envie de calme. Y compris le personnel».

Quant au reste de la journée, la musique est soigneusement dosée. Environ 70 % de musique anglo-saxonne, 15 % de chansons espagnoles et 15 % de musique italienne. En gros.

Rien en français, rien en flamand. Explication : « Quand on a voulu passer de la musique de supermarché - ce qu’on appelle la muzak - à quelque chose de plus dans l’air du temps, on s’est basé sur le Top 20 européen. On a dû changer : un parlementaire néerlandophone se plaignait d’entendre trop de chansons en français et pas assez en flamand », raconte la porte-parole.

C’est la société Ixidia, de Tourcoing, qui prépare la programmation musicale pour la Stib. Du cousu main pour pays pas facile. Le dosage actuel et ses effets sont en cours d’évaluation.

Et c’est comme ça que, chez nous, les interminables couloirs de l’institutionnel belge rejoignent ceux du métro. ¦

P. S.