Federer : « Djokovic ? Faut pas comparer… »

Federer reste classe, mais il ne veut pas que l’on compare déjà son parcours à celui de Djokovic.

AFP

Novak Djokovic est dans le tourbillon. On ne parle plus que de lui, de ses 39 victoires d’affilée (en comptant celles de la finale de la Coupe Davis qui l’ont lancé sur cette voie royale, fin 2010), et du défi qu’il lance à Rafaël Nadal sur sa terre. Il fêtait hier ses 24 ans, gâteau à la clé sur France 2, après avoir une nouvelle fois fait le show, samedi après-midi, avec Michael Llodra et… Bob Sinclar sur le Central Philippe Chatrier lors d’un Kids day au beat très dance. On se serait cru dans une boîte de nuit à ciel ouvert, soleil compris, et Djoko n’a pas résisté, il s’est glissé un moment derrière les platines.

« Quand je pense aux points que je vais devoir défendre l’an prochain lors de la première moitié de saison !, s’esclaffe-t-il une fois revenu aux affaires tennistiques sérieuses. Sans rire, ce dont je suis le plus fier c’est du jeu que j’ai réussi à installer sur terre battue, de la manière dont j’ai su me persuader que je pouvais être aussi bon que les plus costauds sur cette surface… même si je considère toujours que Rafa est le « Roi de la Terre ». Je n’ai plus d’excédent de poids, je fais très attention à ce que je mange, j’ai une autre force mentale, je me sens un joueur différent, beaucoup plus fort sur le court, plus rapide aussi. »

On a cru comprendre que, derrière une façade toujours fair-play, la flamboyante domination serbe commence à agacer le (précédent ?) pouvoir en place, qui n’avait déjà apprécié que du bout des lèvres les célèbres imitations de Djoko lequel les limite désormais hors public. « Je ne voulais insulter personne, d’ailleurs la plupart des gens le prenaient bien, c’était juste pour m’amuser et amuser les autres. »

Rafaël Nadal a sûrement encore moins apprécié de se voir supplanté sur le court, surtout dernièrement à Rome et chez lui à Madrid. Si du moins ils survivent tous deux jusqu’au dernier jour, on sera curieux de savoir ce qui l’emportera, de l’avantage mental (eh oui) emmagasiné par le Serbe quoi qu’on en dise, ou de la volonté de reprise en mains revancharde du Majorquin. « En cinq sets, on ne parle pas que de tennis. Djokovic est de loin le meilleur en ce moment. Mais sept matches, en cinq sets, sur deux semaines, c’est beaucoup plus que du tennis », signale Mats Wilander dans le journal L’Équipe.

Un qui s’est trouvé relégué au second plan, c’est-à-dire à la troisième place mondiale, en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire, c’est le grand Roger Federer. Et on a bien l’impression qu’il la trouve un peu saumâtre :

« Novak ? Comme joueurs on est très différents, et niveau attitude pareil, je ne me retrouve pas du tout chez lui, grince-t-il dans le même quotidien français. Je n’enlève rien à ce qu’il vient d’accomplir, mais je crois qu’il lui faut encore faire davantage. Rafa a 9 Grands Chelems, moi 16, et lui 2, […] j’ai chassé des dizaines de records, j’ai créé un monstre, et j’ai bien aimé, mais tout cela passe trop vite, d’un seul coup, en coup de vent […] et tu te dis que tu aurais peut-être dû plus savourer.

Si on m’avait demandé début janvier si Novak allait perdre des matches avant Roland, j’aurais répondu « oui, bien sûr, à 100 %, et pas qu’un ». Mais il a commencé à jouer le feu, il a battu tous les meilleurs, dans sa bulle […] Sur terre, je pensais vraiment que Rafa le vaincrait au moins une fois. » ¦ C.C.