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La descente infernale du Crostis supprimée du Giro

La descente infernale du Crostis supprimée du Giro

Aucun suiveur du Giro ne peut rester sans réaction face à la dangerosité du Crostis.

MISE A JOUR | Le Giro continue de diviser le peloton quant à l’opportunité d’emprunter certaines descentes. Les inquiétudes sont d’autant plus grandes depuis la mort en course de Wouter Weylandt. Ce samedi, les coureurs devaient se lancer à tombeau ouvert dans la désormais célèbre descente du Crostis. Il n'en sera finalement rien, l'organisation décidant de la rayer du programme.

Le Giro ne fait habituellement pas de compromis avec son parcours. Il a une réputation à tenir. Contrairement au Tour de France ou les parcours sont sélectionnés avec grande attention, où les cols et les descentes sont régulièrement resurfacés, où les spectateurs sont tenus à l’écart des zones dangereuses, le Giro maintient envers et contre tout ses passages célèbres, mais très dangereux, où neiges, nids de poules et corniches à pic ne sont pas rares.

Ce samedi, la 14e étape du Tour d’Italie devait embarquer les coureurs à tombeau ouvert dans la fameuse descente du Crostis, une enfilade d’épingles à flanc de ravin incroyablement dangereuse. Même garnie de filets de protection et de mousse d’amortissement. Le col n’est pas habituel sur le parcours et il ne fait pas l’unanimité dans le peloton, surtout depuis la mort dramatique de Wouter Weylandt.

Dans un premier temps, le patron du Giro n’a pas voulu écouter les arguments des coureurs. Il maintenait l’à-pic au programme de sa 14e étape. Une délégation de coureurs, dont le maillot rose Alberto Contador, a d'abord été rassurée par les promesses de sécurité renforcée établie sur l’étape.

Par ailleurs, coureurs et directeurs sportifs craignaient aussi pour l’équité de la course. En effet, vu l’étroitesse de la chaussée, les voitures n'auraient pas autorisées. Les directeurs sportifs auraient été priés de suivre leurs coureurs depuis les motos mises à disposition par l’organisation. Dur, déjà.

Surtout, certains craignaient qu’une casse mécanique ne fasse perdre le Giro à celui qui aurait à la déplorer. En effet, sans voiture, impossible de réparer. Un coureur qui aurait par exemple brisé son cadre dans une chute aurait été forcé de renoncer. L’organisation estimait que la présence de mécaniciens des équipes sur le parcours, à un emplacement tiré au sort comme à Paris-Roubaix, devrait régler le problème. Mais les directeurs sportifs restaient sceptiques.Il faut dire qu’après avoir visionné les différentes vidéos de la descente, on le deviendrait bien un petit peu aussi...

Finalement, vers 21h15, on apprenait que le Monte Crostis était rayé du programme. La décision a été prise par le président du jury des commissaires, responsable sportif de la course. "J'ai reçu tant de doléances de la part des responsables d'équipes que je ne me sens pas le droit d'envoyer les coureurs sur 38 km (la longueur de la montée et de la descente Ndlr) sans leurs voitures d'équipes derrière eux", a-t-il déclaré. La sagesse l'a sans doute emporté.

 


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