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Les Français choisissent « RIS » plutôt que DSK

Les Français choisissent « RIS » plutôt que DSK

L’émission de France 2 a été entrecoupée de nombreuses retransmissions de l’audience en léger différé.

Associated Press / Reporters

Hier soir, France 2 avait programmé une émission spéciale DSK. Un débat à la limite parfois de la cacophonie, entrecoupé par de nombreuses séquences en direct. Mais TF1 reste leader sur la soirée, avec la diffusion de quatre épisodes de « RIS, police scientifique ».

L’affaire DSK passionne les foules. Encore plus en France. Lundi soir Laurence Ferrari attirait 7,3 millions de téléspectateurs (28,1 % de PDA) et Davis Pujadas 5,9 millions (22,5 %). Soit 13,2 millions de personnes témoignant ainsi de l’intérêt du public français pour ce sujet. Il faut dire que tous les ingrédients sont réunis pour en faire un feuilleton à succès : du sexe, un puissant tombé de son piédestal, une femme de chambre sur laquelle on se pose beaucoup de questions, le tout sur fond de campagne présidentielle française. David Pujadas, le présentateur du JT de France 2, l’a bien compris.

Hier soir devait avoir lieu la première de l’émission politique Des Paroles et des Actes avec Marine Le Pen. L’émission a été déprogrammée pour une soirée spéciale sur l’affaire Strauss-Kahn et ses conséquences. En plateau : Robert Badinter (sénateur PS, ancien président du Conseil constitutionnel et ancien Garde des sceaux), Manuel Valls (député PS de l’Essonne), Laurent Joffrin (Le Nouvel Observateur), une journaliste du Guardian, Franz-Olivier Giesbert (Le Point) et Ivan Rioufol (Le Figaro).

Il fallait s’y attendre : cela a donné lieu à un débat haut en couleur et parfois surréaliste, entrecoupé de nombreuses fois par des images « en léger différé » de la salle d’audience, avec une annonce en direct de la libération de DSK. Pour la plus grande joie de Robert Badinter (NDLR : on a cru à un moment qu’il allait déboucher le champagne !), qui avait fustigé le système judiciaire américain en début d’émission, et dont le ton s’est subitement adouci après l’annonce de la décision.

En début de soirée, le célèbre avocat – qui est à la base de l’abolition de la peine de mort en France – a été malmené par Laurent Joffrin, qui lui a reproché de ne pas accorder beaucoup de compassion à la victime, préférant s’appesantir sur le sort réservé à son ami DSK, puissant livré à la vindicte populaire avec la complicité des médias américains. « On ne frappe pas un homme à terre », a asséné Badinter. Joffrin – rejoint par Franz-Olivier Giesbert – ne s’est pas démonté et a insisté, dénonçant le fait que Badinter n’a évoqué la victime que quand David Pujadas lui a posé directement la question. Badinter s’en est sorti avec une pirouette intellectuelle : si on parle de (présumée) victime, on présuppose que DSK est (présumé) coupable, et donc on ne respecte pas la présomption d’innocence…

Passionné et passionnant, parfois à la limite de la cacophonie, le débat n’a pas permis à France 2 de devancer TF1 en terme d’audience. La chaîne se place en tête des audiences avec RIS Police Scientifique (plus de 5 millions de téléspectateurs, 19,8 % de part d’audience), suivi de près toutefois par la soirée DSK (4,7 millions de téléspectateurs, 19,2 % de part d’audience). ¦