Après Petit bébé Jésus de Flandresl’an dernier, le réalisateur flamand Gust Van den Berghe est de retour sur la Croisette où il a présenté Blue Birdà la Quinzaine des Réalisateurs. Ce long-métrage inspiré du roman L’oiseau bleu, de Maurice Maeterlinck, le seul Prix Nobel de littérature belge, n’a pas été applaudi au terme de sa projection. Pire : des dizaines de spectateurs ont quitté la salle durant la diffusion.

Le film retrace la quête de deux enfants à la recherche de l’oiseau bleu. Une histoire universelle d’enfants qui grandissent sans s’en rendre compte. Une histoire lente, mais humoristique sur un fond bleu omniprésent. « Mon film traite du chemin à parcourir et la disparition de l’innocence pour devenir adulte», résume Gust Van den Berghe. « Comme je vis assez intuitivement, ce film a été construit comme une vague, comme un souffle du vent sur mes pensées, mes sentiments. J’ai fait ce film sans trop réfléchir. »

C’est la deuxième fois que vous êtes à Cannes. Vous allez prendre l’habitude de revenir chaque année ?

Chaque réalisateur aimerait revenir à Cannes. Sur la Croisette, il y a une rencontre entre deux, trois, quatre, voire cinq mondes en même temps et c’est étonnant de voir les différentes classes sociales. Tout le monde est autour de ce truc qui n’a plus rien à voir avec le cinéma pour oublier sa classe ou pour la confirmer. La fiction se passe dans la rue, les gens s’habillent d’une certaine façon pour être vu. Ils jouent leur rôle. Pour voir la vie dans les yeux, il faut donc aller dans les salles. Mon rêve est d’abord d’essayer de faire du cinéma…

Quelle est votre vision du cinéma flamand ?

Francophones ou néerlandophones, tous les films sont différents, veulent dire quelque chose de différent. Chaque réalisateur fait du cinéma qui dépasse les frontières artistiques, poétiques,… Les Flamands ont souffert avec leur langue. Un bon film a été pendant longtemps un film à l’américaine. Petit à petit, il y a une acceptation du cinéma néerlandophone.¦

                                   Th.L.