Communauté française

Bientôt un financement étranger

La Communauté française va émettre des obligations pour 500 millions destinés à des investisseurs étrangers.Une nouvelle forme de financement.

Alors que l’agence de notation Standard & Poors avait été à deux doigts de revoir à la baisse la cote financière de la Belgique il y a quelques jours, la Communauté française vient de voir la sienne confirmée par Moody’s. Le fruit, selon le ministre du Budget André Antoine, d’une trajectoire budgétaire vers le retour à l’équilibre plus que respectée.

Mieux, dit le ministre : la Communauté vient de se faire noter de manière excellente par une autre agence de notation qui lui a conféré le titre d’« émetteur socialement responsable ». En clair, cela signifie pour les investisseurs potentiels qu’au-delà des critères financiers de haute tenue, la Communauté respecte aussi des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance qui font d’elle un emprunteur séduisant.

Du coup, André Antoine veut passer à la vitesse supérieure sur le plan budgétaire. La Communauté, qui doit régulièrement se financer, a toujours eu coutume de faire appel essentiellement aux banques belges.

Or, dis le ministre, dans une conjoncture positive ou les notations sont bonnes, ou la trajectoire budgétaire est positive, où le chômage recule, c’est le bon moment pour attirer d’autres investisseurs institutionnels.

Et là, Antoine veut se tourner vers l’étranger. Concrètement, il a demandé à BNP Paribas Fortis et à Dexia de jouer les rabatteurs sur les grandes places financières européennes (Londres, Paris, Francfort) et de dénicher des investisseurs qui pourraient être intéressés par un placement dans la Communauté française.

Bref, la Communauté sort de ses frontières pour aller récolter des fonds financiers. Les banques, les fonds de pensions ou les assurances sont évidemment les premiers « clients » visés.

L’intérêt pour elle ? Se financer à bon compte, explique Antoine. Plus les investisseurs intéressés seront nombreux, plus la concurrence va jouer et plus les conditions seront bonnes pour la Communauté.

La semaine prochaine, celle-ci émettra donc des obligations. Elle espère en écouler pour 500 millions d’euros.

Si ce chiffre n’était pas atteint et que les investisseurs n’étaient pas complètement au rendez-vous, le ministre se veut rassurant : Dexia et BNP compléteraient le financement. Pas de panique donc si l’opération « séduction » foire. Elle est sans risque, assure encore André Antoine.

Mais elle dénote d’une nouvelle dimension budgétaire dont la Communauté veut se doter en prévision d’un avenir proche où elle (avec la Région) devra de plus en plus prendre son destin financier en mains.¦