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Donner une priorité aux enfants issus de l'immersion en primaire?

Donner une priorité aux enfants issus de l'immersion en primaire?

Donner une priorité aux enfants issus de l’immersion en primaire ? Pas une bonne idée dit la ministre Simonet.

EDA

Des enfants qui terminent l’immersion linguistique en primaire ne trouvent pas de place en secondaire. Les parents grondent, la ministre calme le jeu.

Les parents d’élèves de 6e primaire en immersion linguistique à l’école communale du Centre, à Court-Saint-Étienne en Brabant wallon, ne sont pas contents. La raison ? Sur les 36 enfants qui terminent leur cursus primaire et souhaitent prolonger en secondaire l’expérience de l’immersion linguistique, 11 restent sur le carreau.

Pour l’an prochain, ils n’ont trouvé place que dans une école qui ne propose pas l’immersion ou dans une filière 100 % francophone dans une école qui offre pourtant l’immersion… Moins bien « classés » sur base des critères du décret inscriptions, ils ont été doublés par d’autres.

Les parents, soutenus par la direction de l’école communale, montent donc au créneau pour dénoncer ce décret inscriptions. À leurs yeux, celui-ci « ne tient pas compte du parcours primaire de l’élève ni de l’exigence du continuum pédagogique» puisque des enfants qui débutent l’immersion en secondaire ont eu priorité sur ceux qui la pratiquaient déjà en primaire. La faute, disent-ils, à un coefficient accordé à l’immersion, bien trop faible par rapport à tous ceux qui placent l’élève en ordre utile pour un premier choix d’école. Proposition des parents : l’attribution d’un coefficient prioritaire pour les « immersifs précoces».

La problématique n’est pas neuve. En septembre 2010, la députée MR Françoise Bertieaux l’avait déjà posée sur la table de la Communauté française. Elle aussi proposait d’augmenter le coefficient immersion ou d’en faire un critère prioritaire. « Mais la proposition n’a pas été débattue, elle est dans l’arriéré du Parlement, indique un collaborateur de la députée MR. La majorité ne semble pas le souhaiter…»

Modifier le coefficient immersion ou le doper, il n’en était pas question l’an dernier pour Simonet. Ce n’est pas plus le cas cette fois-ci. « Pourquoi le faire pour l’immersion et pas pour une autre pratique pédagogique originale alors ? », dit-on en substance au cabinet de la ministre de l’Enseignement. Où l’on craint que, si un tel cas de figure se présentait, les petites écoles qui n’ont les moyens de proposer « qu’»une pédagogie classique ne se vident de leurs élèves.

« Ce n’est pas définitif »

Même du côté syndical, bien que la CGSP reconnaisse qu’il y a « un effet pervers du décret inscription », on n’en fait pas le seul coupable de cette problématique spécifique à l’immersion. Certaines écoles, sous couvert de l’immersion, font « tout et n’importe quoi », regrette Pascal Chardome, président de la CGSP Enseignement.

Des établissements, dont la fréquentation est en chute libre, proposent ainsi l’immersion avant tout comme un coup de pub pour attirer des élèves. Et, parfois, elles en oublient de mettre en place des projets participatifs avec des établissements secondaires qui pratiquent aussi l’immersion. Or, ces projets pédagogiques concertés constituent un critère essentiel dans le processus de sélection du décret inscriptions…

Dans le cas de Court-Saint-Étienne comme plus généralement, la ministre calme aussi le jeu sur le manque de places : «La situation n’est pas définitive, cela va encore évoluer, notamment avec des déménagements d’élèves, les échecs au CEB, etc.»

En outre, ajoute la ministre Simonet, la CIRI (commission qui étudie la problématique des inscriptions) dispose d’un pouvoir d’injonction pour ajouter des élèves par classe, voir ouvrir des classes supplémentaires.

Sur ce point au moins, parents et ministre se rejoignent, même si les premiers souhaitent une solution plus durable qui ne laisse pas les enfants dans l’expectative jusqu’à la dernière minute.

« Il y a un phénomène de rattrapage entre le nombre de places disponibles en immersion dans le secondaire par rapport au primaire», rassure le cabinet Simonet. Qui rappelle au passage que, l’an dernier dans le Brabant wallon, le taux de satisfaction concernant les inscriptions pour les élèves en immersion était supérieur à celui pour ceux issus de l'enseignement classique.