Izzeldin Abuelaish est ce médecin palestinien bombardé en direct à la télévision, il y a deux ans. Il témoigne dans un livre.

Le récit est poignant : « Nous étions au centre de la salle à manger quand c’est arrivé. On entendit une explosion monstrueuse qui semblait nous envelopper, puis un bruit de tonnerre assourdissant qui a pénétré mon corps comme s’il venait de mes entrailles. Je me souviens de ce bruit. Je me souviens de cet éclair aveuglant. […] Meubles, livres de classe, poupées, chaussures et bouts de bois étaient amassés avec les morceaux de corps de mes filles et de ma nièce». Izzeldin Abuelaish témoigne, dans son livre Je ne haïrai point, de son combat pour la paix entre les siens : Palestiniens et Israéliens. Habitant un camp de réfugiés mais travaillant en obstétrique dans un hôpital israélien, l’homme prêche la paix entre les deux camps, depuis toujours.La plupart d’entre nous connaissent ce médecin sans le savoir. Son témoignage, juste après le bombardement de sa maison en janvier 2009, avait fait le tour du monde. Un ami journaliste israélien l’avait en effet diffusé, en direct, au téléphone, en plein journal télévisé : « J’étais en direct et je n’ai pas pu lui répondre, mais je me suis demandé ce qui se passait, témoigne le journaliste en question. J’allais interviewer la ministre Tzipi Livni, et j’en étais à l’introduction quand j’ai de nouveau vu son nom apparaître sur le portable. J’ai alors décidé de prendre son appel en direct. J’ai annoncé aux téléspectateurs que des nouvelles importantes nous arrivaient et j’ai appuyé sur le bouton ». La suite a fait le tour du monde : on y entendait Izzeldin Abuelaish hurlant la mort de ses trois filles et de sa nièce. Sa maison avait été bombardée par Israël. Lui qui n’avait rien d’un combattant, que du contraire.Dans son livre, celui dont la candidature au prix Nobel de la Paix a, depuis, été déposée par la commune de Viroinval et le secrétaire d’état Jean Marc Delizée, témoigne de son engagement pour le rapprochement des peuples.« Pendant toute ma vie d’adulte, j’ai eu un pied en Palestine et l’autre en Israël, une position inhabituelle dans cette région du monde », explique-t-il. Au fil des 315 pages, ce sont les réalités du peuple palestinien qui se dévoilent à nous. Avec un message : celui de la nécessité d’une solution pacifique au conflit. Malgré la mort de ce qu’il avait de plus cher au monde. Une claque à dévorer. ¦

Izzeldin Abuelaish, « Je ne haïrai point », éditions Robert Laffont.