Des proches de Kadhafi en Tunisie ?

L’Otan a assuré avoir « sérieusement cassé » la machine de guerre du colonel Kadhafi.

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L’épouse et la fille du colonel Kadhafi se sont-elles réfugiées à Djerba ? La Tunisie dément, mais le doute subsiste.

Tripoli a démenti jeudi que Safia, l’épouse du colonel Mouammar Kadhafi, et leur fille Aïcha aient quitté la Libye, comme l’affirment l’opposition et une source proche des services de sécurité tunisiens. Le gouvernement libyen a également démenti la défection du patron de la NOC, la compagnie nationale pétrolière, Chokri Ghanem.

Il n’en reste pas moins que le régime libyen n’apporte aucun élément concret à l’appui de ses assertions.

Selon l’opposition libyenne et la source tunisienne, Safia Kadhafi et sa fille se trouveraient depuis le 14 mai dans l’île tunisienne de Djerba, non loin de la frontière libyenne. Ghanem serait aussi en Tunisie.

Les deux femmes accompagnaient le mari d’Aïcha blessé lors des affrontements en Libye et venu se faire soigner à Djerba.

« Chokri Ghanem est à son poste, au travail. S’il se trouve hors du pays, il reviendra », a déclaré jeudi à Reuters Khaled Naïm, le vice-ministre libyen des Affaires étrangères. « En ce qui concerne (les membres de) la famille du guide, ils sont toujours en Libye. Où pourraient-ils être ? », s’est-il interrogé.

L’armée très affaiblie

Ces rumeurs de fuite dans l’entourage du Guide interviennent, alors que le régime a subi de lourdes pertes. Le secrétaire général de l’Otan, Anders Fogh Rasmussen, a affirmé jeudi que l’armée libyenne avait été significativement affaiblie par les frappes de l’Otan, depuis deux mois, et que son régime était davantage isolé jour après jour.

La combinaison de la pression militaire et politique et du soutien de l’opposition finiront par faire tomber le régime libyen, a-t-il ajouté, promettant de maintenir une forte pression militaire sur Kadhafi, qui est au pouvoir depuis 1969.

L’ONU négocie une trêve

Sur le terrain, la situation militaire n’évolue guère. Sur le plan diplomatique, les contacts se poursuivent. L’Onu négocie avec les rebelles libyens, les forces gouvernementales et l’Otan une trêve d’un à trois jours qui permettrait d’apporter une aide médicale et alimentaire aux civils.

Les Nations unies ont par ailleurs lancé un appel aux dons, de 407 millions de dollars, de manière à aider la population libyenne de juin à août. Le premier appel aux dons, de 310 millions de dollars, a été financé à moins de 50 %.

La pause, qui pourrait ne pas être un cessez-le-feu formel, permettrait aussi l’évacuation de migrants, de blessés et d’autres civils souhaitant quitter ces zones de guerre.¦