Jan Wallentin, nouveau Stieg Larsson ?

Jan Wallentin propose un roman foisonnant dont la toile de fond est le XXe siècle.

Jan Wallentin est-il le nouveau Stieg Larsson ? Journaliste devenu écrivain, le Suédois publie un premier roman qui s’annonce comme un best-seller mondial.

Un peu timide – manifestement, il ne s’est pas encore habitué au succès – Jan Wallentin a le regard bleu mais pas les cheveux blonds qui font, chez nous, la réputation des Suédois ! Le succès (voir ci-contre) ne lui monte pas à la tête et c’est avec beaucoup de gentillesse qu’il raconte comment est né son roman L’étoile de Strindberg. L’ovni littéraire suédois de ces dernières semaines.

Vous étiez journaliste de télévision. Pourquoi, à 40 ans, soudain ce roman ?

À vingt ans déjà je voulais écrire. Mais il y a eu le travail, la maison, les enfants… Je n’ai finalement jamais rien écrit. Et puis, voici trois ans, ma femme et mes enfants sont partis en vacances pendant un mois alors que je travaillais. Je passais quatre jours sur sept à la télé et j’étais totalement seul trois jours par semaine. Et j’ai commencé à écrire. C’était vraiment pour mon propre plaisir. Je ne me suis mis aucune limite...

Votre roman est un peu inclassable. Pas vraiment un thriller à la suédoise…

En Suède, nous avons des auteurs actuellement très connus mais qui pratiquement tous font du thriller ! Et je trouve que la violence est de plus en plus présente dans le polar suédois. Il y a une surenchère pour capter le public. Je n’aime pas trop la violence. J’ai donc cherché à écrire autre chose, une histoire complètement imprévisible. C’est un roman dont le genre change tout le temps. Réaliste et non réaliste. Avec un crime au départ mais aussi un innocent qui emmène le lecteur à travers l’histoire du XXe siècle.

Vous mêlez aussi la réalité et la fiction ?

J’avais envie d’aborder des sujets qui m’intéressent dans ce roman. Par exemple la plongée dans les mines, les expéditions polaires. J’aime beaucoup aussi les livres d’aventure du XIXe siècle, Jules Verne entre autres. J’ai finalement cerné les sujets qui m’intéressaient avant de penser à l’intrigue elle-même.

Une intrigue qui tourne principalement autour des deux guerres mondiales du XXe siècle ?

Au départ donc je n’avais pas de story line. J’étais intéressé par une histoire de conspiration sur internet. J’ai découvert que le plus souvent conspiration et nazisme allaient de pair sur le net. J’ai alors lu pas mal de choses sur le côté ésotérique des théories nazies. On se rend compte que réellement, sans rien inventer, il y avait un côté totalement cinglé, dingue dans certaines théories développées par ce régime. Je m’en suis servi.

Votre personnage principal, Don Titelman, c’est véritablement un anti-héros.

J’en avais un peu marre des super-héros américains à la Da Vinci code ! Don, c’est finalement le contraire de Robert Langdon. C’est vraiment un antihéros.

Les droits de votre livre ont été rachetés dans 24 pays. Un nouveau succès pour la littérature scandinave ?

Ce n’est pas étonnant de voir la littérature scandinave et particulièrement suédoise connaître le succès ailleurs. Nous faisons maintenant partie de l’Union européenne. Il y a une plus grande ouverture au monde et sans doute moins de différences.¦