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Deux divorces sur trois mariages ?

Deux divorces sur trois mariages ?

Le SPF Économie annonce que, en Belgique, deux mariages sur trois risquent de tourner en divorces.

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Le risque de divorce en Belgique serait de deux mariages sur trois. C’est ce qu’annonce la Direction générale Statistique et Information économique,

La Direction générale Statistique et Information économique révèle que, en Belgique, la probabilité de divorcer serait de deux sur trois.

« Il faut évidemment mettre cela en relation avec l’évolution générale de la société, explique Michel Willems, expert au Service public fédéral Économie. L’idée que l’union, formalisée dans les liens du mariage, est la seule voie possible de vie pour les couples n’est plus répandue. Face à des difficultés de vie commune, le couple envisage beaucoup plus aisément et plus rapidement que dans le passé, la séparation comme une solution. »

Sur les 1 000 unions célébrées en 2009, on pourrait, selon le SPF, constater 645 ruptures par le divorce après 49 ans de mariage, si les conditions de divortialité de 2009 ne changent pas d’ici là. Pour avancer cet indice conjoncturel de divortialité, le SPF s’est basé sur les 50 premières années de mariage. Les divorces qui surviennent après cette période étant minimes. Avec cette méthode, 99 % des divorces ont été finalement englobés dans ce calcul. Une base qui permet de tirer quelques conclusions.

On divorce plus en Wallonie

On divorce moins en Flandre qu’en Wallonie. Selon les conditions de divortialité de 2009, 50,6 % des mariages célébrés en Flandre pourraient finir par un divorce avant d’atteindre leur 50e anniversaire de mariage. En Wallonie, le taux serait encore plus important. Ce chiffre pourrait atteindre 64,3 %.

« Les pratiques religieuses ainsi que tout le système de valeur lié à la famille qu’elles impliquent sont des facteurs importants qui peuvent expliquer en partie cette différence, affirme Ester Rizzi, démographe à l’UCL. La religiosité se retrouve davantage en Flandre.La sécularisation est quant à elle plus forte en Wallonie. »

En ce qui concerne la Région de Bruxelles-Capitale, le taux pourrait être calculé mais les enquêteurs émettent quelques réserves quant aux résultats. Les divorces qui mettent fin à des mariages contractés à l’étranger sont effectivement enregistrés à Bruxelles et non dans le pays où le mariage a été célébré.

Le taux ne serait donc pas significatif par rapport aux mariages réalisés dans la capitale. Il serait donc faussé et beaucoup plus élevé que la réalité.

La probabilité atteint 45,7 %

Cela fait maintenant des décennies que la probabilité de divorce augmente. À titre d’exemple, en 1960, la probabilité n’atteignait que 6,7 %. En 1970, elle frôlait les 10 %. Ensuite, tout s’est enchaîné. En 1980, la probabilité de divorce était de 20,6 % et en 1990 de 31,9 %.

Dix ans plus tard, on se retrouve avec des chiffres qui approchent les 46 %. Une statistique qui s’est donc multipliée par 7 en l’espace de 50 ans.

Une des explications : l’évolution des législations. En 1994, la procédure de divorce a été simplifiée. En 2007, une réforme du divorce est entrée en vigueur. Des changements qui ont facilité la rupture d’union.

« Il faut aussi prendre en considération l’évolution de la législation qui rend le divorce moins difficile à affronter et à obtenir, confirme Michel Willems. Cette évolution législative n’explique pas la tendance à long terme, mais bien les importantes évolutions conjoncturelles observées ». ¦