FOOTBALL

La génération "France 98/black-blanc-beur" se déchire sur le cas Blanc

La génération "France 98/black-blanc-beur" se déchire sur le cas Blanc

Désunion nationale au sein de l'équipe de France championne du monde en 1998. AFP

Les propos de Laurent Blanc lors de la fameuse réunion du 8 novembre 2010 sur les quotas de footballeurs à double nationalité ont fissuré la génération black-blanc-beur championne du monde 1998. Vieira et Thuram critiquent le sélectionneur, Dugarry et Lizarazu prenent sa défense.

Les propos de Laurent Blanc.
Selon le verbatim révélé par Mediapart, le sélectionneur a déclaré: "On a l'impression qu'on forme vraiment le même prototype de joueurs: grands, costauds, puissants. Grands, costauds, puissants. Grands, costauds, puissants. Grands, costauds, puissants. Qu'est-ce qu'il y a actuellement comme grands, costauds, puissants? Les blacks". Blanc ajoutait "Les Espagnols, ils m'ont dit: 'Nous, on n'a pas de problème. Nous, des blacks, on n'en a pas'".
Et à la question d'Erick Mombaerts, sélectionneur des Espoirs, "Est-ce qu'on s'attelle au problème et on limite l'entrée du nombre de gamins qui peuvent changer de nationalité?", Blanc répondait selon ce verbatim: "Moi j'y suis tout à fait favorable".
Après la parution du verbatim, Laurent Blanc a fait amende honorable dans un communiqué: "Que certains termes employés au cours d'une réunion de travail, sur un sujet sensible et à bâtons rompus, puissent prêter à équivoque, sortis de leur contexte, je l'admets et si, pour ce qui me concerne, j'ai heurté certaines sensibilités, je m'en excuse."

Vieira, Thuram, les accusateurs.
Des excuses qui n'ont pas satisfait Lilian Thuram, Guadeloupéen recordman des sélections en équipe de France (142). "Bien évidemment qu'il est fragilisé par ses propos. Sinon, je connais bien Laurent Blanc et je ne pense pas qu'il soit raciste."
Les propos de Blanc ont aussi fait bondir Patrick Vieira né à Dakar, qui a joué à 107 reprises avec le maillot bleu. "Quand je lis qu'il (Blanc) a dit que 'les Espagnols, ils disent: Nous, on n'a pas de problème. Des Blacks, on n'en a pas', ou 'Qu'est-ce qu'il y a comme grands, costauds, puissants? Des Blacks', c'est scandaleux ! Ce sont des propos graves", commente ainsi le joueur de Manchester City.

Lizarazu, défend Blanc, Dugarry attaque Thuram.
Christophe Dugarry a répliqué sévèrement que ce qui le gênait c'est que son ex-coéquipier Thuram veuille "passer pour le juge de la cour suprême" dans l'affaire des quotas. Et Dugarry de "raconter une histoire qui concerne Lilian Thuram, le soir de 12 juillet 98": "On a la coupe, on est en train de faire des photos entre nous (...). Et là j'entends Lilian Thuram, et je ne suis pas le seul Frank Leboeuf aussi, dire 'allez les Blacks on fait une photo tous ensemble'. (...) Et il y a Frank Leboeuf qui relève et lui dit 'Lilian qu'est ce que tu dis là? Imagine si nous, on avait dit allez les blancs on fait une photo tous ensemble. Comment tu aurais réagi?'".
Dugarry a aussi assuré avoir peur que Blanc "s'en aille, qu'il en ait marre de se faire agresser de la sorte. De manière très injuste".
Bixente Lizarazu s'est fait moins agressif que Dugarry dans une volonté "d'apaisement": "Je pense que chacun, Lilian Thuram, Patrick Vieira, doit prendre position: Laurent Blanc doit-il démissionner? Faut-il couper la tête à Laurent Blanc? Pour moi c'est non. Laurent Blanc doit rester".

Tout le monde attend maintenant que Zinédine Zidane s'exprime.

Avec Belga