Tour d’Italie

Olivier Kaisen repart à l’attaque

Olivier Kaisen n’a guère eu le temps de souffler : rentré lundi soir de Turquie, il a repris l’avion pour l’Italie ce mercredi matin, direction Turin et le grand départ du Giro. Un timing qui n’est pas pour déplaire à l’intéressé, d’ordinaire un des coureurs les plus actifs du peloton, d’autant plus motivé cette année au terme d’un printemps perturbé :«?Je n’ai guère roulé pendant plusieurs semaines en raison des allergies notamment. Il m’a fallu travailler sérieusement pour le Tour de Turquie. Je manquais forcément de rythme mais cela s’est amélioré au fil des jours.?»

S’il n’est pas parvenu à trouver l’ouverture, le rouleur de l’équipe Omega Pharma aborde ces trois prochaines semaines avec optimisme, membre d’une sélection qui ne renseigne pas de véritable chef de file. «?Nous emmenons un sprinter, Blythe, qui ne devrait pas finir l’épreuve, trop corsée sur la fin. Et si Bakelants ou De Greef nourrissent certaines prétentions, chacun reste libre de jouer sa carte.?»

Dès lors, Oli l’équipier serviable et corvéable entend bien profiter de l’occasion dans l’exercice qu’il affectionne : les échappées au long cours. Tour un art qui nécessite à la fois de l’enthousiasme, de l’expérience et des jambes. «?Il faut pouvoir sentir le bon coup et bénéficier du brin de chance pour prendre le bon wagon. Il arrive que l’on essaie dix fois, et que la onzième parte sans toi…?»Modeste quand on évoque son rôle primordial dans le chrono par équipes du premier jour, le Namurois ne se focalise pas sur un tracé ardu, la montagne se franchit dans le grupetto, les autres journées se gérant en fonction de l’humeur et de la récupération. Un point fort chez lui quand on sait qu’il a terminé les six grands tours – deux Giro et quatre Vuelta – auxquels il a participé.?

«?Je n’en fais pas une priorité mais à partir du moment où la santé suit et où je peux éviter les chutes ou les pépins, il n’y a pas de raison. Sans dire que rallier l’arrivée finale procure une certaine fierté.?» S’il espère, à l’image des exercices précédents, disputer le Tour d’Espagne à l’automne, Kaisen sait par contre que les places pour le Tour de France s’annoncent chères, avec trois leaders désignés, dont Philippe Gilbert, l’homme du printemps qui a instauré un climat d’euphorie dans l’équipe, jusqu’à l’annonce du divorce des sponsors.

«?C’est vrai que cela refroidit l’ambiance, beaucoup ne savent pas sur quel pied danser, on entend beaucoup de bruits, dont la majorité ne tiennent pas la route.?»En homme d’expérience, à 28 ans, il gère plutôt bien la situation, habitué dans son jeune temps à se recaser tard dans la saison, et de toute façon en fin de contrat. «?Quoi qu’il arrive, je devrai resigner quelque part. Je ne vais donc pas me prendre la tête début mai, priorité au Giro.?»Sachant que ses résultats bien sûr, et plus encore son apport au collectif demeurent sa meilleure carte de visite.¦